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Bayero Fadil : "créer, innover, oser... voilà la solution !"

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Bayero Fadil
Bayero Fadil est Président du groupe industriel éponyme Groupe Fadil, qui embrasse plusieurs activités (Savonnerie - Hôtellerie- L’agro-alimentaire – Elevage bovin – Communication). Parallèlement à son rôle de manager, il occupe une place et joue un rôle prépondérant au sein du RDPC, le parti au pouvoir.
Avec lui, nous avons voulu à l'aube de cette élection présidentielle du 9 octobre 2011 au cameroun, faire le tour de l'actualité politique et économique récente...

Le Congrès du RDPC était très attendu... Parmi les attentes, il y avait le rajeunissement et renouvellement des organes du parti. On a plutôt eu "grossissement" ou augmentation de membres. Partagez-vous cette analyse ?


Effectivement, ce congrès ordinaire était très attendu parce qu’il ne s’était pas tenu depuis quinze ans. Durant toute cette période d’hibernation, nous avons perdu beaucoup de membres dans certaines instances comme le comité central et le bureau politique ; d’autres ont perdu leur liberté dans le cadre de l’opération épervier. Il fallait donc impérativement procéder à des réajustements pour être en conformité avec nos textes de base. Certains de nos militants ne voyaient pas d’un bon œil l’organisation de ce congrès ordinaire parce qu’ils estimaient que leurs camarades voulaient saisir cette opportunité pour prendre le contrôle du partien faisant des propositions visant à modifier les textes. Mais, le Président national a tranché en prenant la bonne décision.
Maintenant, contrairement à ce que vous dites, je pense qu’il y a eu un début de rajeunissement de nos effectifs. Dans son discours de politique générale, le président Paul Biya a demandé à la jeunesse de s’apprêter à prendre la relève. Un appel qui s’est matérialisé par l’entrée de plusieurs jeunes dans les organes dirigeants et plus précisément le comité central. Je crois que cette dynamique va se poursuivre de manière progressive dans un esprit de rassemblement qui a toujours été le leitmotiv du Rdpc.

"2004 : ambitions" - "2011 : réalisations" ... à quand la matérialisation concrète des promesses du gouvernement que vous soutenez, dans le quotidien des camerounais ?

Des grandes ambitions aux grandes réalisations, ces deux concepts convergent vers un seul objectif, celui de la lutte contre la pauvreté. Durant tout le septennat qui s’achève, plusieurs projets ont été exécutés dans l’optique d’améliorer les conditions de vie des populations. Je veux parler des infrastructures de base comme la construction des routes et des hôpitaux, les recrutements massifs dans la fonction publique pour trouver une solution à l’épineux problème du chômage. L’Etat a également pris certaines initiatives dans le cadre de la lutte contre la vie chère en exonérant certains produits de première nécessité des droits de douanes. Ce sont des mesures parmi tant d’autres en cours d’exécution qui ont des incidences positives dans le quotidien des Camerounais.

Et bien évidemment, vu l’ampleur des chantiers à engager, tous ces problèmes ne peuvent être résolus par un simple coup de baguette magique dans un environnement économique difficile. Le Président Paul Biya a annoncé un Cameroun de grands chantiers dès janvier 2012. Ceci veut tout simplement dire que les réformes vont se poursuivre pour un retour vers la croissance.
M. Fadil, mieux que beaucoup de personnes, vous savez que le développement viendra de l'entrepreneurship des camerounais; et pourtant l'un des obstacles majeurs à l'arrivée des investisseurs dans notre pays est le climat des affaires, gangréné par plusieurs maux : la corruption, les lenteurs et lourdeurs administratives, le sous-financement, etc... Comment faire admettre aux gens que ce qui n'a pas été accompli en 20-25 ans de pouvoir va l'être aujourd'hui et (re)donner confiance aux populations ?

C’est une question de confiance et n’oubliez pas que le président Biya a passé tout son temps à gérer des situations de crise sur le plan socio-économique. Des crises fortes qui ne lui ont pas permis d’applique son programme. Je crois qu’actuellement, la situation revient progressivement à la normale et le nouveau septennat qui s’annonce permettra de poursuivre ces efforts d’assainissement dans les domaines de la procédure de création d’entreprises et le renforcement du système judiciaire pour faciliter les arbitrages et lutter contre la corruption. L’objectif visé ici est d’attirer des investisseurs étrangers. Ce sera l’un des grands chantiers des Réalisations dès janvier 2012.

Vous êtes à la tête d'un groupe industriel camerounais à vocation continentale, qui au départ était une entreprise familiale. Que dit le capitaine d'industrie que vous êtes, pour qu'il y ait plus de groupes industriels camerounais, susceptibles de rivaliser dans la région, à défaut de la faire sur le plan continental ?

Je pense qu’il faut simplement exploiter les énormes potentialités naturelles dont regorge notre pays. Je ne pense pas que se soit le cas aujourd’hui. L’Etat a mis en place un nouveau code des investissements pour faciliter, dans un délai très limité, la création des entreprises; sans oublier le partenariat international qui présente de nombreux débouchés en termes de marchés. Pour parler de mon expérience personnelle, fort de la confiance paternelle et d’une expérience de gestion acquise au sein des entreprises majeures telles CCC, Selcam et le Méridien, j’ai axé ma philosophie sur l’innovation qui est une condition indispensable de survie, de développement et un stimulant de compétitivité. Et c’est cette capacité à innover et à améliorer sans cesse, associée à une ressource humaine dont le professionnalisme ne souffre d’aucune compétence, qui fait aujourd’hui la force de notre Groupe.
Lors du dernier congrès ordinaire du Rdpc à Yaoundé et au cours de son discours de campagne électorale à Douala, le Président Paul Biya a demandé aux jeunes, c’est-à-dire le Cameroun de demain, de créer, d’innover et d’oser. Cette trilogie constitue les vertus des entreprenants, pour le paraphraser, ce sont ces vertus qui créent la richesse.

M. Fadil, originaire du Septentrion, l'actualité récente a mis en exergue cette région : les propos de M. Amadou Ali, rapportés par Wikileaks, qu'en avez-vous pensé ? Et deuxièmement, Maroua fut la 1ère étape de campagne du candidat Paul Biya. pensez-vous que les atouts de cette région du Septentrion (culture du riz, du coton et tourisme) aient été suffisament pris en compte, dans son discours ?

Pourquoi faut-il essentiellement se focaliser sur les propos de M. Amadou Ali alors que d’autres ministres ont fait d’importantes révélations sur ce site ; des déclarations qui remettent en cause la cohésion de l’action gouvernementale telle que prescrite par le président de la République ? En outre, je n’ai aucun commentaire à faire dès lors que l’intéressé ne s’est pas reconnu dans les publications de Wikileaks.
S’agissant du deuxième volet de votre question, j’ai l’impression que vous n’avez pas bien suivi le discours du président Biya à Maroua. Il a déroulé l’ambitieux programme agro-pastoral qu’il compte mettre en œuvre au lendemain de sa réélection à la magistrature suprême le 9 octobre 2011. C’est ce programme, a-t-il dit, qui fera du Cameroun « un véritable grenier pour l’Afrique Centrale » et dans lequel l’Extrême-Nord a « une vocation évidente ». Il a parlé du développement de l’agriculture proprement dite, de l’élevage, de la pêche et de l’artisanat rural. Il est même allé plus loin en présentant les cinq principaux « trains de mesures » pour encourager et développer l’agriculture camerounaise afin d’en faire, selon ses propos, « le fer de lance de notre croissance.» C’est un véritable chef-d’œuvre qui dopera notre production agricole.
Vous êtes un adepte et utilisateur invétéré des NTIC, le Cameroun accuse un retard énorme dans ce domaine, pourquoi cela n'est-il pas pris en compte dans votre programme sachant qu'il s'agit d'une source d'emplois inimaginable ? Les exemples de l'Inde et du Sénégal sont là pour nous édifier ... ?
Le gouvernement a pris des initiatives pour rattraper ce retard qui est réel et préjudiciable à notre économie étant donné que les télécommunications sont à l’heure actuelle la deuxième industrie mondiale, juste après le pétrole. Et pour développer ce secteur, le gouvernement a mis sur pied un plan de déploiement de la fibre optique sur toute l’étendue du territoire national. Si je ne me trompe pas, nous sommes déjà à plus de 1500 km d’implantation. En 2002, pour développer l’offre des TIC, le président de la République a signé un décret créant l’Agence Nationale des technologies de l’Information et de la Communication qui est déjà opérationnelle. Cette agence doit favoriser l’implication de tous les citoyens, sans discrimination, dans cette nouvelle société de l’information. C’est pour vous dire que des opérations sont menées dans ce sens pour atteindre les objectifs du Millénaire pour la croissance, le développement et la lutte contre la pauvreté. /.
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