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Les maquettes du port de Kribi emportées par des malfrats

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biya-kribi2Le directeur du projet du complexe portuaire a aussi perdu près d’un million Fcfa dans le braquage de samedi dernier. En cette matinée du lundi 10 octobre 2011, lendemain du vote pour la présidentielle 2011, la ville balnéaire sort peu à peu de sa torpeur. Malgré une météo capricieuse, M. Li, directeur du projet du port en eau profonde de Kribi, 40 ans selon son interprète, est au commissariat de sécurité publique de la ville.
Le Chinois est venu régler quelques modalités en rapport avec l’établissement au profit d’une de ses collaboratrices qui devait sortir du pays ce même lundi, d’un certificat de perte de son passeport. Et donner aux enquêteurs de la police, des éléments d’informations supplémentaires susceptibles de faire avancer l’enquête ouverte après le braquage dont ils ont été victimes dans la soirée du samedi 8 octobre 2011.

M. Li est serein et confiant. Et même de bonne humeur. Et cet état d’esprit positif est sans nul doute le produit direct des mesures de sécurité prises par les autorités de la ville, juste après le braquage de samedi dernier. Sa résidence du quartier Ngoye à Kribi, non loin du lycée de la ville, a davantage les allures de camp retranché. Sept éléments des forces de l’ordre (un de la base navale de Kribi et six du centre d’instruction de Djoum détachés en complément d’effectif à la base navale de Kribi et immédiatement redéployés), lourdement armés, patrouillent en permanence autour de la villa qui donne sur la route bitumée. En plus des éléments d’une société de gardiennage qui filtrent toutes les entrées. Tous les «flâneurs» à une centaine de kilomètres à la ronde sont immédiatement priés d’aller voir ailleurs. Une thérapie de choc en somme, à la mesure du braquage du 8 octobre dernier:

Il est environ 19h ce samedi là, lorsque trois jeunes hommes armés font irruption dans l’enceinte de a villa de M. Li. Ils sont armés de revolvers et pistolets automatiques. Sans peine, ils neutralisent M. Li et ses collaborateurs de la China Harbour Engineering Company (société chinoise qui va construire le port général à Kribi). Bien inspirées, les victimes suivent les injonctions des agresseurs à la lettre.

Passeports
L’attaque dure environ une demi-heure. Sans la moindre violence physique contre les victimes. Et même sans grands bruits. Les malfrats repartent «comme ils étaient venus» explique M. Li. A la fois la rapidité et la nouveauté de l’expérience font perdre à ce dernier les détails de ce départ. Plus certain est en revanche le bilan du casse: Cinq ordinateurs portables emportés, dont l’ordinateur central appartenant à M. Li, et qui contenait le plan directeur du projet en eau profonde de Kribi, les quatre autres n’ayant que des versions moins abouties de ce plan, près d’un million de Fcfa (2.000 dollars américains) et trois passeports. «L’enquête avance beaucoup et à ce jour, nous avons de très bonnes pistes», assure le commissaire de police Raymond Mman, qui dirige le commissariat de sécurité publique de Kribi.

C’est lui qui est chargé de rechercher et d’appréhender les présumés malfrats de samedi dernier.
L’affaire préoccupe les autorités administratives de la ville. Et même qu’ici, elle est devenue une «grande affaire». Car même si M. Li est formel sur le fait que la perte des plans n’aura pas de grandes conséquences sur le rythme de réalisation des travaux du port de Kribi, les ingénieurs chinois n’en sont pas moins réduits aujourd’hui à «colmater çà et là» pour reconstituer ces plans. Le braquage étant survenu en outre quelques heures seulement après la pose de la première pierre de ce port par le Chef de l’Etat, Paul Biya. Renforçant par là la symbolique de l’acte, l’on comprend bien l’extrême diligence avec laquelle les autorités de Kribi sont décidées à élucider cette affaire qui ressemble à bien des égards, à un véritable sabotage.

Serge D. Bontsebe, à Kribi
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