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Mais à la faveur de la visite, ce jeudi, du président-candidat du Rdpc à l’élection présidentielle du 09 octobre prochain, c’est un Franck Biya visiblement à son aise, bien encadré par le protocole d’Etat, qui est apparu à la place de l’Udéac à Douala. C’est par une salve d’applaudissements que le fringant fils aîné du chef de l’Etat a été accueilli en début d’après midi part les militants et sympathisants du Rdpc. Telle une star qui sait se faire désirer par son public, Franck Biya aura réussi, à sa manière, à apporter de la couleur et de la chaleur au meeting de campagne de l’homme du 06 novembre 1982, au point de ravir la vedette à son père. En effet , alors que Paul Biya s’offrait un bain de foule auprès de ses militants, après avoir livré les grands axes de sa politique des grandes réalisations pour ce qui est de la région du Littoral et de Douala en particulier, et surtout après avoir réitéré son engagement à faire de la paix son crédo pour le prochain septennat, Franck Biya a, malgré lui, offert la réplique à son père, comme dans un concours de séduction. Sur plus de 200 mètres et suivant les traces de papa, Franck a pu apprécier sa côte de popularité dans une ville réputée frondeuse et pas nécessairement acquise à la cause de la famille présidentielle.
« Prési… ! Prési… ! Prési… ! »
Pouvait-on entendre scandés par des jeunes surexcités en quête d’un « farotage » qui n’arrivera finalement pas. A la fois très surpris et heureux de jouir des avantages que lui confère son patronyme, Franck a heureusement été bien cerné part une garde rapprochée qui a eu du mal à se frayer un passage au milieu d’une foule qui a saisi l’opportunité de cette visite qu’elle attend depuis sept ans pour montrer au fils du président de la République qu’en dépit des exigences protocolaires liées à son statut, il fallait parfois se soumettre aux exigences des griots et autres louangeurs qui ne lésinent sur aucun stratagème pour assouvir leurs faims.
Mais, Franck Biya saura-t-il tirer avantage de cette sortie pour le moins mémorable à Douala ? Quoi qu’il en soit, ceux qui redoutent pour le Cameroun un scénario à la gabonaise ou à la togolaise n’ont qu’à bien se tenir, car l’appétit venant en mangeant, le fils du président de la République pourrait se raviser en se rendant compte que les honneurs que procure la fonction présidentielle sont de loin plus utiles, au bonheur de l’homme, que les hypothétiques bénéfices du business.
En dehors de Franck Biya, l’autre curiosité du meeting de Paul Biya est venue de Ntone Ntone Fritz. Le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala a, dans son discours de bienvenue au président-candidat du Rdpc, posé une interrogation qui n’a laissé personne indifférent. En effet, Après avoir, à travers un langage emprunté au secteur médical dont il est une émanation, dressé le bilan de son règne à la tête de la Cud, Ntone Ntone Fritz a présenté Paul Biya comme le médecin sans qui la ville de Douala n’aurait jamais bénéficié de cette thérapie de choc qui lui permis de sortir du chaos des années de braise, pour devenir une ville véritablement engagée sur le chemin de la modernité. Mais, pour clôturer son bilan, le Délégué du gouvernement auprès de la Cud martèle : « Doit-on changer un médecin qui soigne bien ? » Ce à quoi la foule répond par non ! Pour certains analystes politiques avisés Ntone Ntone Fritz, qui est en fait le bras séculier du gouvernement à Douala, a subtilement voulu plaider sa propre cause. Et pour cause, certains observateurs ont cru voir dans l’échec d’entrée au comité central du Rdpc du premier magistrat de la ville de Douala, un signal fort qui annonce la descente aux enfers de Fritz Ntone Ntone. Cela dit, le médecin dont il fait allusion dans son interrogation serait lié à sa personne et constituerait un appel de pied à l’endroit du président Paul Biya. Le message du délégué du gouvernement n’est certainement pas entré dans les oreilles d’un sourd.
