






![]() | Aujourd'hui | 31 |
![]() | Total | 2295031 |
Les candidats tiennent ainsi à contrôler les suffrages exprimés par leurs militants et sympathisants. Jour J-3 ! Dans exactement 72 heures, plus de 7 millions de Camerounais iront aux urnes sur l’ensemble du territoire national. Dans les différents états-majors des partis politiques en lice pour la présidentielle du 09 octobre 2011, l’heure est aux derniers réglages :
Préparation des dernières rencontres avec les électeurs, déploiement dans les régions du pays qui n’ont pas encore été fréquentées et surtout, à la mise en place des stratégies visant à la protection des votes des électeurs et à la lutte contre la fraude électorale.
Ce ne sera pas une tâche du tout facile. Et cela, Me Jean de Dieu Momo, président des Patriotes démocrates pour le développement du Cameroun (Paddec) s’en est déjà rendu compte. « C’est une réelle préoccupation. Nous avons pris des mesures pour contrer la fraude. Mais, nous ne pouvons pas rassurer qu’elles seront efficaces à coup sûr. Et pour cause, il y a 23.000 bureaux de vote sur toute l’étendue du pays. Ce n’est pas évident pour un parti politique d’opposition de mettre au moins un scrutateur par bureau de vote », relève t-il.
Au cours de la conférence de presse qu’il a donnée lundi dernier, Georges Anicet Ekane, candidat du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem) avouait qu’il n’aura pas des scrutateurs dans les quelques 23 800 bureaux de vote qu’ils ont recensés. Un avis que partage François Honoré Soumo. « Si un parti politique d’opposition vous dit qu’il sera présent dans tous les bureaux de vote, n’y croyez pas. C’est faux. Cela coûte très cher et il faut un déploiement national », relève le directeur de campagne de la Dynamique pour la renaissance nationale, parti à la tête duquel se trouve le candidat Albert Dzongang.
Pourtant, du coté du Cameroon people’s party (Cpp), la stratégie semble déjà trouvée. Une opération intitulée « save your vote » a été mise sur pied pour sécuriser les voies des électeurs. Ladite opération intègre 30.000 scrutateurs volontaires et superviseurs à raisons de deux par bureau de vote ; 200 juristes composés d’avocats, d’huissiers et des spécialistes du droit ; ainsi que des relais juridiques présents dans les 10 régions du pays. « Le rôle de ces relais juridiques consiste à constater les infractions et diligenter le contentieux pour une action en justice », informe William Eluga, responsable projet de « Kah Walla campaign ». Toute chose qui ne garantie pas la présence des scrutateurs dans tous les bureaux de vote. Ce d’autant plus qu’à trois jours du scrutin, le taux de couverture des bureaux de vote est de 70%.
Budget
Naturellement, la formation n’a pas été gratuite. A en croire Joseph Désiré Som I, directeur de campagne du Cpp, cette formation a coûtée plus de 18 millions Fcfa à la caisse du parti. A cela, il faut ajouter la somme qui leur sera remise le jour du scrutin. Ce qui oblige les partis politiques à utiliser des calculettes. « Si on donne seulement 2.000Fcfa par scrutateur, cela fait un total de 50 millions Fcfa. Nous n’avons pas cet argent. Nous n’avons pas assez de moyens financiers », confesse le directeur de campagne d’Albert Dzongang. Me Jean de Dieu Momo, président du Paddec avance le chiffre de 230 millions Fcfa à dépenser s’il faut avoir un scrutateur par bureau de vote. « S’il y a 2 scrutateurs par bureau de vote et que nous devons leur donner 1 000 Fcfa par jour, ça fait que nous devrions débourser 47 millions de Fcfa. Or nous n’avons pas ces moyens et nous comptons sur le patriotisme des électeurs pour empêcher les fraudes le jour du vote », explique Anicet Ekané. François Honoré Soumo quant à lui compte sur l’appui des scrutateurs et sympathisants volontaires pour surveiller les bureaux de vote.
Pour ce dernier, le seul parti à pouvoir avoir un tel déploiement est le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). « Le Rdpc dispose des moyens de l’Etat. Ce parti bénéficie de l’appui des Sous préfets, préfets, Gouverneurs de régions, et même des forces de l’ordre », reconnaît le directeur de campagne de la Dynamique. A cet effet, le Quotidien Mutations publiait dans son édition du mardi, 04 octobre 2011, le rôle des « chefs de terre » lors de cette élection. Au cours de la conférence semestrielle des gouverneurs tenue le 7 septembre dernier à Yaoundé, Marafa Hamidou Yaya, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd) leur précisait leur rôle dans le cadre de cette élection. Ils doivent à cet effet réguler les libertés publiques, veiller à la préservation de la paix sociale avant, pendant et après l’élection. Ils héritent donc d’une mission d’appui à Elecam, organe en charge de l’organisation des élections au Cameroun.
Blaise Djouokep
