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Désordre
Et comme il fallait s’y attendre, les militants et sympathisants de l’une ou l’autre formation politique se sont finalement retrouvés pris au piège d’un tintamarre assourdissant où le candidat le mieux nanti du point de vue de la sonorisation croyait avoir trouvé l’astuce qui lui permettrait d’accéder à la magistrature suprême dimanche prochain.
Cela dit, en attendant que le rêve de Jean de Dieu Momo se transforme en réalité, on retiendra de cette journée folle que le candidat du Paddec aura remporté la palme d’or de l’animation. Véritable bête de scène, celui qui se présente comme le candidat du peuple digne a usé de ses talents d’artiste, sous un air de « quitte le pouvoir » de l’ivoirien Tiken Jah Fakoli, pour tenir en haleine une centaine de jeunes surexcités, à qui il promet un avenir meilleur, loin des turpitudes qu’ont connu les 09 disparus de Bépanda et des mésaventures des délestages de l’énergie électrique.
Manifestement enivrés par ce discours coloré et ambitieux, les jeunes du Paddec n’ont pas manqué de remonter les bretelles à Joshua Osih et de Elimbi Lobe. Ces deux cadres du Sdf ont eu le toupet de venir prier Jean de Dieu Momo de s’accorder un moment de répit afin que John Fru Ndi livre son message à ses milliers de fans. Le candidat du Sdf a dû malgré tout poursuivre son show, ce contentant d’avoir démontré qu’il reste et demeure le véritable adversaire de Paul Biya à cette élection. Le discours du Chairman est resté constant, il propose une transition de trois ans pour doter notre pays d’institution forte et crédible.
A une cinquantaine de mètres de Fru Ndi, Ben Muna se montrait tout aussi percutant. Le candidat de l’Alliance des forces progressiste croit savoir que le Cameroun est malade de ses dirigeants à toutes les échelles de l’administration. Il annonce qu’après son élection à la tête de l’Etat, il devra nommer à la tête des ministères des gens honnêtes, crédibles, intègres.
Ben Muna s’engage surtout à n’effectuer qu’un mandat de cinq ans au cours duquel il mettra sur pied un gouvernement de transition qui « accordera une attention particulière à la fourniture en eau potable, à la construction des salles de classe en zone rurale, à la construction d’infrastructures routières, à la fourniture d’équipements et de soins de santé, à la promotion de l’agriculture»
Au delà des discours et des promesses, la grande foire électorale de Bépanda aura permis de mesurer le degré d’animosité, l’égoïsme et l’absence de fair-play qui caractérisent l’opposition camerounaise. Comment comprendre que des gens qui aspirent tous à déloger Paul Biya d’Etoudi en viennent à se détester au point de ne pouvoir se concerter pour établir un ordre de passage dans un espace qu’ils convoitent le même jour à la même heure. Dans ces conditions, doit-on s’étonner que le candidat-président à sa propre succession accorde peu d’intérêt à ses adversaires qu’il traite souvent de marchands d’illusions ?
Ive Tsopgue
