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Monatélé : Des proches d’Olanguena perturbent un meeting du Rdpc

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olanguena-awonoTout en soutenant Paul Biya, ils exigent la libération de l’ancien ministre de la Santé publique, en détention provisoire à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui depuis près de quatre ans. C’était le 29 septembre dernier à Monatélé, la cité capitale du département de la Lékié. Ils étaient pratiquement tous présents à la maison du parti Rdpc, les membres de la Coordination départementale présidée par le ministre Henri Eyébé Ayissi des Relations extérieures.
Ils ont honoré ce rendez-vous majeur pour réaffirmer leur soutien indéfectible au président candidat du Rdpc que le ministre considère comme « l’ami fidèle de la Lékié ».

 

Incident malheureux

Contre toute attente, de jeunes militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, sensibles à la cause d’Urbain Olanguena Awono, débarquent sur les lieux du meeting, arborant des tee-shirts avec sur la poitrine la flamme du Rdpc telle que présentée sur le bulletin de campagne. Rien de mauvais. Mais le sourire quitte les lèvres au moment de lire ce message que font partager ces jeunes au dos de leurs tee-shirts : « Jeunesse camerounaise contre les injustices réclame la libération de l’ex-ministre M. Urbain Olanguena Awono détenu pour rien depuis 2008 ». La panique s’installe. Les vautours qui rodent autour des membres de la Coordination départementale ameutent tout de suite les autorités présentes. Le commandant de brigade est aux ordres. Il faut déguerpir ces jeunes. Sans plus attendre, ce dernier passe à l’œuvre, prétextant avoir reçu des instructions fermes du sous-préfet de l’arrondissement de Monatélé. « Nous sommes tous derrière le président Paul Biya mais, les injustices ne sont pas sources de cohésion sociale », soutiennent ces jeunes. Qu’à cela ne tienne, ils sont molestés, leurs matériels confisqués, le véhicule transportant leurs effets a failli être vandalisé mais la carte grise dudit véhicule est retirée des mains du propriétaire, lui-même habillé en tenue du Rdpc. « Est-ce que j’ai mal fait de porter ces jeunes camarades qui ne sont pas des opposants ? », s’inquiète-t-il, regrettant qu’une telle maladresse soit posée par des gens présumés « de mettre en pratique les recommandations faites par le président national de notre parti à l’endroit de la jeunesse camerounaise lors du dernier Congrès ordinaire ».

 

Agacement

Un observateur de la scène s’indigne : « au moment où le président Paul Biya indique que le présent et le futur, c’est d’abord la jeunesse, au moment où il exhorte ses camarades militants du parti à être plus à l’écoute des préoccupations de la jeunesse, il est vraiment maladroit que pareil incident soit causé alors que l’on est ici pour demander aux gens d’aller voter massivement le président le 9 octobre prochain ». Son voisin d’à côté est exaspéré : « j’ai peur pour le Rdpc car, il risque récolter les fruits de ce genre de maladresse causée par des dirigeants envoyés sur le terrain de la campagne électorale. Des gens qui se retrouvent aujourd’hui au Comité central sans avoir milité à la base. Or, ils devraient être tolérants et collaboré avec ces jeunes. Ils ont la chance qu’en face, il n’y a personne ». Une dame est on ne peut plus amère : « ces enfants sont nos enfants. Quand on les brutalise de la sorte, ce n’est pas bon. Avec ce genre de comportement, on va nous parler de relève, je ne suis pas sûre. Est-ce que tous ces gens-là ignorent ce qu’Olanguena faisait dans la Lékié quand il était aux affaires. On comprend aujourd’hui pourquoi tout a été mis en œuvre pour salir sa réputation et l’éliminer du jeu politique. On espère que la vérité va finir par forcer son chemin ». Curieusement, c’est ce même 29 septembre que les avocats de l’ex-ministre de la Santé publique, convaincus que leur client est victime d’un règlement de comptes politique dont l’habillage judiciaire a beaucoup de mal à produire des preuves des prétendus détournements, renouvelaient leur demande d’arrêt des poursuites engagées contre Olanguena Awono. La Cour d’appel du Centre devra trancher le 13 octobre prochain.

Il convient de signaler qu’à cause de ces jeunes militants du Rdpc, tous derrière Paul Biya mais sensibles à la cause d’Olanguena, le meeting qui était programmé à Sa’a le 1er octobre dernier, a été déporté à Ekekom le village de Jean Bernard Ndongo Essomba. Selon nos sources, cela n’a pas empêché à ces jeunes de remettre leur expression, en faisant pacifiquement le tour de la ville de Sa’a. Même à Ekekom, l’ombre d’Urbain Olanguena Awono a plané. Pour le moins, le coordonateur départemental, le ministre Henri Eyébé Ayissi, a donné des orientations pour un bon déroulement de la campagne. Invitant les présidents des Commissions communales à descendre sur le terrain pour convaincre les populations à voter massivement le candidat du Rdpc.

 

Jean-Pierre bitongo, envoyé spécial à Monatélé

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