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Menace de grève à la Crtv

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crtvLa correspondance adressée au chef de l’Etat par le personnel de la radio et la télévision d’Etat sur la situation sociale des employés oppose le collège des délégués du personnel et le Synatracomec (syndicat national des>travailleurs de la communication et des médias du Cameroun).Embarrassés.

 

Ainsi pourrait-on dire de certains membres du collège des délégués du personnel de la Crtv, une fois interrogés sur la lettre adressée au chef de l’Etat au sujet des conditions de travail des employés.

 

C’est à peine si les langues se délient. Approché par le reporter de La Nouvelle Expression, un membre de ce collège, journaliste à la Crtv –Radio n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet, prétextant de ce qu’il y occupe un poste de responsabilité. Son collègue de la télévision, lui aussi membre du collectif, s’est également montré hermétique et nous a conseillé de nous en référer au signataire de la lettre, Benoît Manyakong, électrotechnicien au sein de l’entreprise.Interrogé, ce dernier a confié qu’il n’existe aucune menace de grève à la Crtv. Pourtant, de sources proches du collège des délégués du personnel, la réunion qui s’est tenue lundi dernier à la Bourse du travail entre les membres du Syndicat national des travailleurs de la communication et des médias du Cameroun (Synatracomec) et les délégués du personnel s’est achevée en queue de poisson. Ce d’autant plus que les deux parties n’ont pas pu s’entendre sur la suite à réserver à la correspondance.

Revendications

 

Dans son édition du vendredi 23 septembre 2011, le quotidien privé Le Jour s’est fait l’écho d’une menace de grève qui plane sur la Crtv. Dans la correspondance du 20 septembre dernier adressée au Chef de l’Etat Paul Biya, relayée par le journal, le collectif des délégués du personnel de la radio et télévision de service public égrène un certain nombre de revendications. Lesquelles vont de l’absence du 13ème mois au traitement discriminatoire des personnels en passant par l’assurance-maladie qui ne prend pas en compte l’environnement familial, l’absence de la revalorisations des salaires, entre autres. Vendredi dernier, dans la matinée, le directeur général de la Crtv, Amadou Vamoulké a tenu une réunion au sujet de cette lettre avec les délégués du personnel et les membres du Synatracomec au siège de la télévision nationale, à Mballa II (Yaoundé). Au cours de cette réunion, le patron de la Crtv a dit ne pas pouvoir donner réponse aux doléances du personnel, faute d’argent. La question de la correspondance s’est invitée au débat lundi dernier à la bourse du travail de Yaoundé, située au quartier Messa. Autour de la table, les membres du syndicat et les délégués du personnel de la Crtv. L’un de ces derniers, que nous avons joints hier au téléphone, nous a confié sous anonymat qu’aucun consensus n’a pu se dégager à propos de la conduite à tenir à la suite de la publication de la lettre. « Nous sommes prêts à tout », a pourtant clamé la source qui annonce une réunion des délégués du personnel pour mercredi prochain.

C’est au cours de ces assises que le collectif va décider d’un mouvement de grève ou de la poursuite des négociations. A propos de la lettre, le président du Synatracomec Thomas Mbiakeu, documentaliste à la Crtv-Radio, a estimé qu’elle était remplie de coquilles et que les rédacteurs se sont trompés sur la date. Au lieu du 20 septembre, la correspondance porte plutôt la date du 20 octobre. Bien plus encore, a indiqué Thomas Mbiakeu, les auteurs de la lettre n’ont pas respecté la procédure y afférente : le syndicat, à en croire son leader, n’a pas été contacté.

Si les journalistes et technico-artistiques de la Crtv que nous avons approchés reconnaissent que les revendications portées à l’attention du Président de la République sont réelles et pertinentes, ils disent cependant ne pas avoir ressenti une quelconque menace de grève au sein de l’entreprise.

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