Hevéaculture La Cdc dépose ses valises au Sud



La salle des banquets de la Cnps a abrité la cérémonie de présentation du plan de promotion des plantations villageoises. La corporation a reçu l’onction des autorités mais les défenseurs écologiques s’en offusquent. En dehors du cacao et du café, l’hévéa est cultivé dans la région du Sud, notamment dans le Dja et Lobo et l’Océan.
On distingue alors deux types d’exploitation. Mais ce sont surtout les exploitations villageoises qui intéressent les responsables de la Cameroon Development Corporation (CDC). « Nous voulons tenir les promesses faites lors du comice-agropastoral de soutenir les paysans du Sud », lance le Directeur Général. Dans une région où l’économie repose à 98% sur l’agriculture, l’hévéa se positionne comme l’une des solutions possibles aux problèmes de chômage et de pauvreté. Les revenus annuels atteignent parfois 15 millions en exploitation paysanne. Henri Njalla Quan se propose d’abord de réhabiliter les plantations coloniales abandonnées aux villageois, de régénérer les nouvelles plantations mal entretenues et surtout d’aider les agriculteurs à créer de nouveaux champs. Le kit de services qu’il met à leur disposition va de l’octroi des plants ou de la mise en place des pépinières, à la vente en passant par la distribution des équipements, la formation et l’assistance technique.
Souci environnemental
Malgré ses relents économiques certains, les défenseurs écologiques ne voient pas d’un bon œil ce vaste projet de la Cdc qui intègre tous les quatre départements de la région ; selon eux, la forêt s’en trouvera dévastée et de nombreux désordres écologiques s’installeront. « Il faut faire l’étude d’impact environnemental avant le lancement des exploitations », fulmine un responsable de la délégation régionale de l’environnement et de la protection de la nature. Un participant de dire : « Ce projet n’est pas réalisable car les forêts communautaires occupent déjà une bonne partie des terres ». Si ces réactions ont pour souci la préservation de la biodiversité et des terres pour les cultures vivrières, ainsi que la lutte contre le réchauffement climatique, il faut du reste avouer que le Sud demeure un terrain inculte à exploiter. D’où le soutien que les autorités politiques et administratives apportent au projet.
Louis De Gonzague Ngah