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Grogne sociale : Les ex-temporaires des impôts assiègent le Premier ministère

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greve13Le 13 septembre dernier, le ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative leur demandait un peu de temps sans avancer aucune date. Ils se sont rabattus du côté de l’immeuble étoile où ils auraient déposé ce 19 septembre une requête relative à leur traitement.

 

Entre le bavardage des gouvernants et les actes posés, il existe un grand fossé à tel point qu’on est enclin à penser que ce sont eux-mêmes qui sont les premiers à mettre en péril la paix sociale au Cameroun. Et ce sont de hauts fonctionnaires de l’Etat qui, chacun à son niveau, créé un foyer de tension. L’on ose croire que le chef de l’Etat devrait interpeller ceux-ci pour leur demander s’ils veulent la stabilité ou l’incertitude ? L’ordre ou le chaos ? Questions posées le 16 septembre dernier dans son discours de clôture du 3e Congrès ordinaire du Rdpc.

Injustice

Trois jours seulement après, l’on a retrouvé des jeunes à côté de la barrière des services de la primature manifester pacifiquement leur mécontentement face à qu’ils considèrent comme une injustice. « Le Cameroun est un pays de paix. Pourquoi nous pousser à la révolte ? Est-ce une malédiction d’être fils de pauvres ? Pourquoi libérer 255 jeunes en octobre 2010 et décider de recruter 25.000 en février 2011, sans faire d’eux des prioritaires après quatre ans de services rendus ? » Tels sont les messages poignants que l’on pouvait lire ce 19 septembre sur plusieurs pancartes, pour demander une seule chose : « contractualisez-nous comme les 33 autres ».

En fait, ils sont 255 jeunes à avoir travaillé pendant quatre ans pour le compte de la direction générale des impôts. « Nous étions temporaires. C’est en octobre 2010 que nous avons été libérés. Alors que le gouvernement lançait l’opération de contractualisation des agents temporaires. Il était énuméré un certain nombre de critères parmi lesquels celui exigeant d’avoir été recruté avant le 16 juin 2006. Parmi nous, personne ne répondait à ce critère. Donc nous étions tous inéligibles », nous retrace une des victimes. Il continue : « malheureusement, certains d’entre nous ont été contractualisé parce qu’ils sont des parentés à des barons de ce pays. Ce qui veut simplement dire qu’il y a un réseau d’attribution des numéros de matricule au ministère de la Fonction publique ». Nous sommes alors rejoints par une jeune fille qui est plus amère : « nous dénonçons cette injustice. Nous les 222 fils de pauvres, demandons à être contractualisés comme les 22 fils de grands qui étaient avec nous ». Des noms sont d’ailleurs avancés : « Achu Dora Menyi, Achu Fongong, Mahamat Liban, Essomba née Tsogo Cathérine, Ahmadou Tidjani et Aminatou Garga ».

Au niveau du ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative où ils ont passé deux semaines à faire du sit-in, ils n’ont pas eu une suite favorable à leur doléance. Tout ce qu’on a pu leur demander, c’était de produire des pièces justificatives. « Nous l’avons fait et ils ont jugé que nos pièces n’étaient pas crédibles ou authentiques », expose une des victimes. Ces 222 jeunes n’ont plus que leurs yeux tournés vers le président de la République. « Excellence, pourquoi voulez-vous laisser cette injustice ? Rendez-nous justice », exposent-ils à Paul Biya.

Voilà un autre foyer de tension allumé et qui vient s’ajouter à bien d’autres, notamment le cas des ex-employés de l’Etat et de la situation des huissiers en attente de charges depuis plusieurs années. Des situations qui ne devraient pas exister mais que l’on fait tout pour maintenir afin de présenter aux yeux du monde que le Cameroun va mal.

Jean-Pierre Bitongo

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