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Comité central et bureau politique : Une nouvelle garde pour financer le Rdpc

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rene_sadiEn dehors de l’augmentation des postes disponibles, rien de véritablement nouveau n’est apparu sous le ciel du 3ème congrès ordinaire du Rdpc. C’est ainsi que les critères d’entrée au Comité central sont demeurés flous. Priorité a été accordée aux hommes d’affaires, directeurs généraux et ministres. La quête des moyens financiers pour la campagne électorale aurait primé sur le militantisme.
Les lampions se sont définitivement éteints ce samedi, 17 septembre 2011, autour du 3ème congrès ordinaire du Rassemblement démocratique du peuple camerounais. La prolongation observée était consacrée à la tenue des conseils nationaux des organes spécialisées, en l’occurrence l’Ofrdpc et l’Ojrdpc. L’on avait annoncé que ce congrès sera celui de l’impulsion d’une nouvelle dynamique au sein des instances dirigeantes du parti afin que celui-ci soit le « catalyseur essentiel du projet d’émergence » que Paul Biya entend mettre en œuvre dès le début de l’année 2012.
Pour ce faire, le président national du Rdpc a, dans son discours d’ouverture et de politique générale, dit vouloir miser sur les jeunes en les préparant à prendre la relève. « Nous devons redonner l’espoir à nos jeunes, c’est pourquoi, tant dans le processus de rénovation de notre parti que dans la gestion des charges publiques, nous encourageons plus encore le rajeunissement des appareils dirigeants », a indiqué le père du Renouveau.

Mais au sortir de ce congrès, peut-on dire que Paul Biya a tenu à ses promesses ?

Au regard de la composition de la liste des membres du comité central élus ou désignés en fin de semaine dernière à Yaoundé, bon nombre d’observateurs s’accordent à dire que Paul Biya est resté égal à lui-même du point de vue du conservatisme qui a caractérisé sa vision de la gestion des ressources humaines, tant dans l’appareil étatique que dans les organes décisionnels de son parti. De fait, ceux qui soupçonnait le président Paul Biya, du haut de ses 78 ans, de préparer une véritable révolution qui devait permettre à son parti de devenir une véritable école d’apprentissage de la démocratie et de promotion des talents politiques en vue d’un avenir prometteur, ont dû déchanter.

 

Ascension

On retiendra finalement des assises des 15, 16 et 17 septembre dernier que le comité central a élargi ses possibilités d’accès de 250 à 350 places pendant que les postes disponibles au bureau politique sont passés de 20 à 30. Dans ce registre on notera l’entrée de Bonde Emmanuel, Tsimi Evouna, Fame Ndongo, Jean Kueté, René Sadi, Moungui Essomba janvier, Peter Mafany Musongue, MundI Regina, Lamido Aboubakary Abdoulay, Baoro Théophile, Fon Anang Francis. Par ailleurs, une instance réservée aux membres d’honneur a été créée pour recueillir les grabataires et autres figures emblématiques du parti. Cela dit, Ils sont exactement 204 membres titulaires élus contre 126 désignés par le président national. Pour ce qui est des membres suppléants, on en compte 109 élus et 35 désignés, soit au total 474 places contre 299 il y a15 ans. Comme il fallait s’y attendre, tous les militants impliqués dans l’opération d’assainissement des mœurs ont été débarqués. 175 nouveaux militants ont donc fait leur entrée dans le prestigieux cercle dit des décideurs.

On retiendra aussi que les critères d’accès au comité central demeurent flous. Un flou qui de toute évidence aurait laissé libre cour à toutes formes de marchandages où l’engagement militant est sacrifié au profit des hommes d’affaires et autres pourvoyeurs de fonds. A ce propos, l’entrée au Comité central des personnalités telles que Sylvestre Ngouchingué alias Congelcam, Bougne Dieudonné, Pdg du groupe Bocom, Bobda Emmanuel de Afrique Construction ou Baba amadou Danpoulo de Dbs télévision, aux côtés de la presque totalité des directeurs généraux des sociétés publiques, apparait comme une bouffée d’oxygène supplémentaire dont le président national du Rdpc ne pouvait se priver au moment où il s’apprête à entrer en campagne électorale.

On retiendra par ailleurs qu’à côtés de ces grosses pontes qui constituent en fait le vivier financier du parti, Paul Biya n’a pas oublié que la communication devra jouer un rôle important non seulement dans le positionnement de son parti pendant la campagne qui s’annonce, mais aussi pour son image personnelle. C’est dans cette optique qu’on devrait, selon certains analystes politiques, comprendre la désignation de Christophe Mien Zok, Charles Atéba Eyene, Messanga Nyanding, Hervé Emmanuel Kom.

En effet, sans être trop regardant sur les disfonctionnements du parti, comme l’ont été Louis Tobie Ndie ou Bidoung Saint Eloï, ces communicateurs du Rdpc ont su, au cours de ces dernières années, user de leurs talents pour corriger une image pas souvent reluisante du parti des flammes et de son président. Pour beaucoup d’observateurs ces habitués des débats radiotélévisés doivent leur ascension politique à leur sur médiatisation, mais ils récoltent aussi les fruits de leur détermination à mouiller le maillot pour la gloire de leur champion.

 

Ive Tsopgue

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