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Cité dans le scandale de l’avion présidentiel, l’Albatros, le Minatd reste néanmoins dans le collimateur de la justice. Loin d’être achevée, l’opération épervier a repris du service depuis quelques semaines avec de nouvelles arrestations (Henri Engoulou, Haman Adama, Ntongo Onguéné et Catherine Abena) et les premières audiences pour ce qui concerne l’affaire Olanguena Awono et Cie. Nouveautés aussi par rapport à l’affaire Albatros suite aux dernières conclusions du juge d’instruction.
Celles-ci révélaient que trois personnalités ayant chacun joué un rôle majeur dans le processus d’achat bâclé de l’avion présidentiel devraient comparaître comme témoin. Et déjà, au sein de l’opinion publique, l’on s’interroge sur les raisons de ce traitement à double vitesse. Le bonheur pour certains et l’enfer pour le reste. Pourquoi les autres, à savoir, Jean-Marie Atangana Mebara et Jérôme Mendounga, doivent-ils croupir en prison pendant que ceux qui ont eu à gérer ce dossier dès son initiation à la présidence de la République, jouissent pleinement de leur liberté ? Une injustice qui donne des soucis à Atangana Mebara depuis son lieu de détention où il continue de clamer son innocence.
Face à cette situation, l’ex ministre des Relations Extérieures et ancien proche collaborateur de Paul Biya à la présidence de la République, pourrait changer de ligne de défense en dévoilant toute la vérité sur cette affaire dans l’optique de « noyer » ses collègues d’hier. Avant sa nomination comme secrétaire général de la présidence de la République, le dossier de l’avion présidentiel était piloté par le ministre d’Etat Marafa Hamidou Yaya et Chief Inoni Ephraim, ancien Premier ministre, chef du gouvernement, entendu deux fois après la présentation des vœux au chef de l’Etat en janvier dernier.
Sous surveillance..
Après les conclusions du juge d’instruction qui ouvrent la voie aux comparutions, nos sources révèlent que les renseignements généraux ont pris d’importantes mesures de sécurité pour éviter la fuite des personnalités qui se trouvent encore en liberté. C’est ainsi qu’une liste comprenant les noms de Marafa Hamidou Yaya, Ephraïm Inoni et Yves Michel Fotso a été mis à la disposition des services de police des aéroports internationaux de Yaoundé et de Douala. Avec comme mention particulière une interdiction formelle de quitter le pays.
Il faut dire, concernant le cas du ministre d’Etat Marafa, que ce dernier se trouve déjà dans le collimateur des stratèges de l’opération épervier à cause de ses ambitions politiques et autres acquisitions jugées douteuses. Un rapport contenant tous les détails de ces opérations avait été transmis au président Paul Biya alors qu’il se trouvait en séjour privé à Genève.
La mesure d’interdiction de sortie du ministre d’Etat, ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation M.Marafa Hamidou Yaya, qui se trouve actuellement en tournée d’installation des gouverneurs des régions, a été levée. Le fait que l’intéressé soit toujours en fonction et son statut de ministre d’Etat auraient milité en faveur de cette décision. Il se dit au ministère de la Justice que tout ceci n’est que partie remise et que le dossier peut rebondir à tout moment.
Pour ce qui concerne Yves Michel Fotso et Inoni Ephraim, nos investigations actuelles ne nous permettent pas d’affirmer avec certitude si les intéressés sont concernés par cette levée d’interdiction de sortie. Toujours est-il que leur liberté reste très fragile, accrochée à un déclencheur qui peut dégainer à tout moment.
