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Par la suite, Me Bell Hagbe veut savoir plus sur la relation liant Thierry Atangana et le groupe français Jean Lefèvre avant et après la nomination du Français à la tête du Copisupr – le Comité de pilotage et de suivi des axes routiers Yaoundé-Kribi et Ayos-Bertoua. « Je suis cadre du groupe Jean Lefèvre. Ma mission était de donner vie aux activités du groupe au Cameroun », répond Thierry Atangana.
Confusion
L’avocat de l’Etat du Cameroun n’est pas satisfait. « Maître Bell, vous posez une question, il répond. Vous insistez, cela veut dire quoi ? » Observe Marie Nnomo Zanga. L’avocat tombe immédiatement sur le Copisupr. Du déjà entendu. « Me Bell, depuis le début de ce procès, on parle de la création du Copisupr. Mais Me Bell… », s’exclame la présidente. « Je rappelle au tribunal que notre rôle est de démontrer jusqu’à quel point le vice et le crime ont agi dans cette affaire », réagit l’avocat. Ne comprenant pas qu’il faut évoluer car, le discours devient redondant. « Laissez le tribunal vous dire ce qui doit être fait. Ne nous faites pas aller de gauche à droite », impose la collégialité qui semble percevoir une impréparation des conseils de l’Etat du Cameroun. « Nous ne voulons pas qu’on aille à gauche et à droite. Le tribunal veut de la méthode », insiste Marie Nnomo Zanga. C’est donc en moment que Me Bell Hagbe décline leur plan de travail, en indiquant commencer par la personnalité de Michel Thierry Atangana Abéga. « Faites intervenir tout le monde sur le même volet. Si vous n’êtes pas prêts, le tribunal peut vous concéder un renvoi », propose madame la présidente.
15h44, Me Yolande Ngo Minyogo intervient à son tour, demandant à l’accusé d’expliquer au tribunal son cursus intellectuel qui aura incité sa nomination à l’âge de 30 ans à la tête du Copisupr. « Il n’est pas nécessaire d’avoir un bagage intellectuel pour exercer certaines fonctions. Ronald Reagan a dirigé les Etats-Unis d’Amérique sans avoir fait de hautes études…Je n’ai pas été nommé à la tête du Copisupr par rapport à mon niveau intellectuel mais j’ai un 3e cycle en finances », répond l’accusé, ajoutant que c’est par ses compétences qu’il a été appelé à travailler avec des grands groupes comme Jean Lefèvre, Nestlé, Tractafric et autres. « Et dans les grands groupes, les informations circulent. Que Maître se rassure que ceux qui m’ont nommé, ont estimé que j’avais les capacités suffisantes pour assumer cette fonction », lance-t-il.
A la question de savoir s’il respecte, en tant que Français, les lois camerounaises, tout le prétoire est en rires. La présidente ramène le calme dans la salle d’audience. 16h, Me Bell entame avec le second volet de leur plan de travail qui est la nature juridique du Copisupr. L’accusé évite de commenter le texte du président de la République ayant mis sur pied cette structure qui n’est autre qu’une entité alliant le public et le privé. Bien avant, il y a une passe d’armes entre les avocats de la défense et Me Bell qui avoue devant le tribunal qu’il est « champion du dilatoire ». Quand il veut entamer le volet portant sur les mécanismes de financement du Comité, madame la présidente suspend la cross examination. Il est exactement 16h29. Elle fixe la date du mercredi 21 septembre 2011 pour la suite du contre-interrogatoire. « Les deux semaines est un temps utile pour mieux vous préparer », lance-telle à 16h32 aux avocats de l’Etat du Cameroun, comme pour les chambrer.
Pour le moins, les curieux venus nombreux assister à cette audience publique quittent les lieux carrément déçus. Juste parce qu’ils ont trouvé que les avocats de l’accusation peinent à culpabiliser Michel Thierry Atangana.
Jean-Pierre Bitongo
