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Noun :Bamiléké et Bamoun à couteaux tirés

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querellesVictimes de tribalisme, de pillages et des expulsions dans le département du Noun, ils ont tenu hier à exprimer leur mécontentement dans les services du gouverneur. Munis des pancartes, ils étaient une centaine de paysans, partis du village Fongouh, arrondissent de Foumbot, département du Noun (région de l’Ouest) à assiéger mardi les services du gouverneur de la région de l’Ouest, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, pour exprimer leur colère.
Les personnes âgées étaient assises à même le sol et les plus jeunes debout. «Au secours, Monsieur le gouverneur, le Cameroun est un pays de droit », «Nous sommes victimes des pillages, des viols et des destructions de nos récoltes », « Les populations de Momo disent non au tribalisme», pouvait-on lire sur quelques pancartes.Cette manifestation organisée devant les services du gouverneur, à en croire certaines victimes, est la conséquence de plusieurs mois de persécutions qui n’ont pas trouvé de solutions auprès des autorités administratives et traditionnelles du Noun.
Ce que d’aucuns assimilent à des actes de tribalisme, «la manifestation d’une certaine xénophobie des Bamoun vis-à-vis des Bamiléké que nous sommes», pouvait-on entendre dire. De sources concordantes, ce sont des originaires du Noun qui se rendent dans le village Fongouh, plus connu sous le nom Momo, pour commettre des actes de vandalisme à l’encontre des occupants qui sont en majorité des allogènes Bafoussam, Bandjoun, Bangou et Baham. Ces derniers voient bruler ou détruire leurs maisons, tandis que les femmes et les enfants sont violés.

 

Démarches

«Souvent quand ils arrivent et on leur donne un peu d’argent, ils repartent sans causer trop de dégâts. Parfois ils arrivent avec des machettes et se mettent seulement à découper ceux qui résistent», rapporte une victime, les yeux larmoyants. Cela a commencé depuis mars 2011. Dans les démarches entreprises par le chef du quartier Fongouh, Paul Yende, pour dégager la vérité dans cette situation conflictuelle qui met la vie des habitants en danger permanent, le sultan roi des Bamoun aurait déclaré qu’il n’est en rien le commanditaire de ces actes. Les uns et les autres disent cependant être surpris de son silence. La jalousie des autochtones serait davantage motivée par les projets de développement et de désenclavement, l’électrification en particulier, qui frappent aux portent de Fongouh. Des dires de Paul Yende, las de trouver auprès du sultan des Bamoun et du sous-préfet de Foumbot une solution à cette agression qui a déjà fait à ce jour plusieurs blessés graves et de nombreuses personnes traumatisées, il a dans la journée de lundi 12 septembre 2011, fait en vain le pied de grue devant le bureau du gouverneur.

 

Face à fin de non recevoir qui lui a été opposée, il est rentré au village mobiliser les siens afin qu’ils fassent entendre leurs pleurs au plus haut niveau. Dans la mi-journée, le gouverneur a reçu dans ses bureaux les représentants des manifestants, en présence de Youssouf Doungué, sous-préfet de Foumbot. A ce dernier, il a demandé de faire tout ce qui est de son pouvoir afin que la paix soit de retour dans ce groupement en proie au tribalisme.

Histoire

Toujours dans la journée de samedi, le gouverneur a rencontré à huis clos les préfets et responsables régionaux D’Elections Cameroon à qui il a restitué la quintessence des travaux de leur séminaire de Yaoundé, la semaine dernière, au sujet de la prochaine élection présidentielle. Il n’aurait pas manqué de donner des consignes au préfet du Noun au sujet de ce conflit ouvert entre Bamoun et Bamiléké. Conflit qui risque de porter atteinte à la paix sociale dans la région de l’Ouest.L’histoire rapporte que face à l’invasion des Bamoun dans les années 1927 par les Peuls, le sultan des Bamoun, pour mettre un terme au conflit, avait eu recours au chef supérieur Bafoussam qui envoya une partie de ses populations occuper les terres fertiles convoitées. Ce qui justifie la présence à ce jour des ressortissants du grand département de la Mifi sur les terres de Foumbot. Ce n’est pas la première fois que les ressortissants du Noun réussissent à coup de machettes à contraindre les allogènes à abandonner leurs plantations, achetées, dans l’arrondissement de Foumbot.

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