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Grégoire Owona :« Nous savons que les « révélations » vont se poursuivre : c’est de bonne guerre pour nos adversaires d’essayer de nous déstabiliser. »

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owona2Le secrétaire général adjoint du comité central du Rdpc réagit à la polémique suscitée par les révélations de Wikileaks et donne des éclairages sur les préparatifs du 3e congrès ordinaire du Rdpc qui se tient jeudi et vendredi.

Le Rdpc assume-t-il les déclarations des camarades Amadou Ali sur la succession de Paul Biya et Marafa Hamidou Yaya sur l’opération Epervier telles que révélées par Wikileaks ?

Je dois dire deux choses à ce niveau : d’une part, les « révélations » de Wikileaks dont vous parlez ne sont pas revêtues, à mes yeux, de l’autorité d’une vérité biblique et je ne me hâterais pas, comme le font certains, de leur accorder une foi absolue. Je reste donc très réservé. D’autre part, il ne me semble pas que les concernés aient dit à un moment ou à un autre de leur propos qu’ils parlaient au nom du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc, Ndlr)… Quoi qu’il en soit, je sais qu’il est de bon ton, pour nos adversaires, de sortir ce genre de choses à la veille de notre congrès et de la campagne électorale pour tenter de nous déstabiliser. Il n’en sera rien !

A quoi est dû le silence assourdissant du parti depuis lundi, date de la parution des câbles de Wikileaks dans les colonnes des journaux camerounais ?

 

Probablement aux raisons que je viens de vous exposer, mais aussi certainement pour la simple et bonne raison que le Rdpc travaille d’arrache-pied, nuit et jour, comme chacun le sait, pour la préparation et la réussite des travaux de son troisième congrès ordinaire et le démarrage de la campagne électorale de son candidat Paul Biya. Nous restons à l’écoute et observons, puisque les « révélations » vont se poursuivre. Ceux qui ont pu visiter le site de Wikileaks savent déjà qu’il y en a pour plus de cent pages ! Alors, ne soyons pas pressés...

 

Le Rdpc pourra-t-il faire l’économie d’un sujet qui alimente le débat sur la succession de Paul Biya au sein de l’opinion publique ?

 

Non, le Rdpc ne fera pas l’économie de ce débat là, mais l’engagera en son temps ! Pour nous au Rdpc, ce temps-là n’est pas encore venu. Le président Paul Biya tient les rênes de notre parti d’une main ferme et assurée. Il est candidat à sa propre succession. Il veut renouveler son contrat avec le peuple en vue de la consolidation de sa politique des Grandes ambitions et pour un Cameroun émergent à moyen terme.

 

« Le ministre secrétaire général René Sadi rassemble toutes les compétences en vue du meilleur résultat possible. Il préconise un travail d’équipe dans la loyauté. »

 

Le 08 septembre, René Sadi a publié une note qui complète une précédente sur la création des sous-commissions. Au regard des noms qui en ressortent, doit-on considérer qu’il y aurait eu des omissions involontaires dans la première note ?

 

Le camarade Secrétaire Général, le ministre René Sadi est à l’écoute. Il souhaite que les choses se passent au mieux lors de ce troisième congrès ordinaire. Dès lors, il n’hésite jamais, dès que le besoin s’en fait sentir, de compléter ou de corriger ceci ou cela, dans un souci mélioratif à chaque fois. Il rassemble toutes les compétences pour le meilleur résultat. Il préconise un travail d’équipe dans la loyauté. Il n’est pas seul à tout faire, et les oublis ou omissions involontaires ne sauraient devenir des sujets à polémique.

 

Vous êtes membre de la commission d’organisation. A quoi obéit l’établissement des listes ?

 

L’établissement de ces listes obéit aux critères objectivables du point de vue partisan et surtout à un souci d’efficience et d’efficacité.

Faut-il s’attendre à d’autres réajustements de cet ordre avant le 15 septembre ?

 

Pour nous, nécessité fait loi, donc tout est possible. Je dois cependant vous révéler que l’état de préparation des travaux est suffisamment avancé et presque bouclé…

 

La présence dans l’une des nombreuses structures ad hoc mises sur pied donne-t-elle droit à l’accès dans la salle du congrès ?

 

Non, pas du tout. Tout le monde sait très bien que seuls les délégués statutaires, les invités spéciaux et les observateurs éventuels pourront accéder dans la salle du congrès. Il faudra absolument être dans l’une ou l’autre catégorie. La présence dans l’une des nombreuses structures ad hoc comme vous les appelez est davantage un honneur et une responsabilité. Elle traduit aussi la grande confiance dont la hiérarchie du parti honore les personnalités ainsi sélectionnées, qui, je dois l’attester, se dévouent très bien pour la réussite de l’événement.

 

« Le dépôt des candidatures reste ouvert, mais nous devons rappeler à nos soi-disant candidats qu’en matière électorale, pour être éligible, il faut être électeur. Minimalement. »

Au regard du profil des membres de la sous-commission « financement et grands promoteurs », faut-il s’attendre à ce que l’essentiel des ressources destinées à l’organisation du congrès provienne de ces personnalités ?

 

Non, pas forcément. Le Rdpc est un parti structuré et organisé, qui peut revendiquer une trésorerie propre. Ces personnalités ont vocation, certes, à financer quand elles le peuvent, mais aussi et surtout, à faire financer. Donc, il s’agit de rechercher auprès d’autres camarades des financements même les plus modestes car, en la matière, tout fait nombre.

 

Dans cette sous-commission, des opérateurs économiques côtoient des dirigeants d’entreprises publiques. Ces derniers ont-ils la surface financière suffisante pour contribuer de manière conséquente ?

 

La contribution qui est attendue des membres de cette sous-commission est peut-être et avant tout sur le plan des idées ; et la plupart des membres ont déjà fait la démonstration qu’ils pouvaient avoir des idées génératrices de revenus. Enfin, je vous l’ai dit, tout fait nombre et nous sommes très nombreux dans notre Parti et chacun doit apporter sa pierre à l’édifice !

 

Peut-on avoir un aperçu du travail déjà abattu par la coordination des délégations des sections extérieures dont vous avez la charge ?

 

Les délégations des sections extérieures arrivent déjà. Elles sont accueillies et encadrées. Nous attendons, à travers elles, des contributions au niveau des idées et une participation active de la diaspora rdpciste ou proche du Rdpc.

Comment comptez-vous gérer la représentation des sections extérieures à problèmes, comme celle du Gabon avec l’existence de deux tendances ?

 

Les tendances ne constituent pas une position statutaire ou réglementaire. Nous faisons prévaloir la légalité et la légitimité, tout simplement.

Les candidatures des prétendants à la présidence du parti sont-elles déjà parvenues au comité central ?

 

Le dépôt des candidatures reste ouvert, certes. Mais c’est peut-être le lieu de rappeler à nos soi-disant candidats déclarés qu’en matière électorale, pour être éligible, il faut être électeur. C’est un minimum. Or, aucun de ceux de nos camarades qui font beaucoup de tapage médiatique n’est éligible. Je vous prie de comprendre que nous ne nous en préoccupions donc pas spécialement, s’il vous plaît…

La question de la succession à la tête du parti est-elle envisageable lors du prochain congrès ?

 

Qui vivra verra. Mais j’ai l’intuition que cette question n’est pas encore à l’ordre du jour au Rdpc, bien que l’élection du président national soit bien inscrite au programme. On pourrait avoir droit, et je le souhaite comme de nombreux délégués, à une réélection.

Le Rdpc est-il conscient de la survenance du scénario auquel fut confronté le Parti démocratique gabonais (Pdg) après la disparition de son chef et les batailles qui s’en suivirent pour le contrôle du parti ?

 

Cela relève de l’Histoire et du domaine public. C’est même, de notre modeste point de vue, une situation tout à fait normale, dans un contexte où les ambitions ne manquent pas de s’exprimer librement. Le plus important à mon avis, c’est que la démocratie joue et que les règles de fonctionnement interne du Parti se montrent efficaces : c’est la grande leçon que je retiens de l’expérience du Parti démocratique gabonais auquel vous faisiez référence.

Comment conjurer un tel scénario ?

 

Je viens de vous dire qu’il ne s’agit pas forcément de conjurer un tel scénario. Plutôt, il s’agit de faire en sorte que les institutions soient plus fortes et survivent aux hommes qui passent. C’est aussi là ma foi en l’avenir du Rdpc. Les hommes ne doivent pas se laisser dominer par leurs ambitions personnelles, ni par leur folie des grandeurs. C’est en cela que les institutions doivent être claires et très fortes : le président Biya et son équipe y travaillent, les militants et tous les Camerounais de bonne volonté aussi. Il est bon de se convaincre que pour faire la démocratie, il faut qu’on soit démocrate soi-même. Cela doit interpeller chacun d’entre nous.


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