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Luttes féroces
Mais il n’est pas sûr que ces orientations retiennent la plus grande attention aussi bien dans les rangs du Rdpc qu’au-delà. Et pour cause. Les regards s’attarderont à coup sûr sur les « hommes du président ». En cette matière, les débats sont vifs, les paris ouverts, les luttes féroces, les attentes lancinantes, nombreuses et bigarrées. Par les profils retenus, le sommet du parti enverra à la base, et au reste de la scène politique, des signaux. Seront examinés l’adéquation entre le discours jamais pris à défaut de générosité sur la place des femmes et des jeunes d’une part, et le profil des élus. Passera aussi au crible, la cohérence entre les idéaux axés sur l’exigence de moralité dont se prévaut le parti d’un côté, et la stature des promus, de l’autre. Ne passera guère inaperçue, la conformité entre les trajectoires portées au pinacle avec le niveau de sincérité militante. N’échappera point aux grilles de lecture mobilisées, l’adéquation entre les parcours valorisés et le niveau d’engagement pour le parti. Une affaire d’état de services. Une question de fidélité et de loyauté aussi. Avec, en toile de fond, les insondables et incontournables équations toutes camerounaises, avec leur accent « géopolitique », et les suspicions qui leur sont consubstantielles.
Bien avant même la tenue de ce troisième congrès ordinaire, les termes de référence de la redistribution des cartes au sein des organes dirigeants laissaient entrevoir leurs lignes de clivage. D’abord sur l’opportunité de procéder à des reclassements des personnels militants. A la veille d’une élection présidentielle, était-il judicieux pour le parti de renouveler les membres du comité central, et ceux du bureau politique, avec le risque présumé que les nouveaux promus n’aient pas le temps de marquer leur territoire de manière à livrer les véritables dimensions de leur surface de mobilisation ? Et comment fallait-il, le cas échéant, « gérer » les mécontentements des cadres tombés en disgrâce, dont la capacité de nuisance n’était pas nécessairement circonscrite ? Pour une formation politique dont des hiérarques ne manquent pas d’évoquer ouvertement « les ennemis de l’intérieur », la résolution de ce système d’équation à plus d’une inconnue ne relevait guère de la sinécure.
Ne prendre aucun risque
Mais il n’est pas exclu que le parti combine les paramètres pour ne prendre aucun risque. De ce point de vue, plus d’une opportunité s’offre aux dirigeants du Rdpc. L’une d’elle, jugée réaliste, s’articule autour de la gestion de la démographie des instances du parti, et fonctionnerait à double détente : augmenter le nombre des membres (titulaires et suppléants) du comité central et du bureau politique, de manière à conserver leur statut à ceux qui sont en poste, et simultanément, en désigner de nouveaux. Problème : le risque de la « banalisation » des fonctions de membres du comité central et du bureau politique…
Autre souci : comment « honorer » le travail des figures militantes ayant marqué d’une heureuse empreinte la vie du parti, mais à l’activisme déclinant sous les effets biologiques ? Là aussi, le Rdpc pourrait étrenner une formule institutionnelle portée par la création d’un « Comité des sages ». Un honorable garage dont on peut malgré tout se demander quel accueil il pourrait susciter auprès de ses membres éventuels…
Un acquis : à quelques jours du congrès, rien n’était …acquis.
