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En effet, la reprise, le 18 juillet 2001, par le groupe américain Aes, de la Société nationale d’électricité, marquait le début d’un long calvaire aussi bien pour les ménages que pour les entreprises dont le manque à gagner, provoqué par les délestages, a fortement menacé la survie. L’image qu’offraient des villes comme Douala et Yaoundé, constamment plongées dans la pénombre, était d’autant plus préoccupante que les consommateurs de l’énergie électrique avaient choisi de descendre dans la rue pour exprimer, de façon parfois violente, leur ras-le-bol face aux balbutiements d’un opérateur qui, visiblement, cherchait encore ses marques. Aes sonel avait-elle sous-estimé la tâche qui l’attendait ? Ou alors, s’était-elle engagée dans un marché de dupes avec les autorités camerounaises ? Difficile d’y répondre, mais toujours est-il que le Groupe Aes avait fait le pari « de bâtir un secteur électrique camerounais solide, accroitre l’offre énergétique et l’adapter aux besoins d’une croissance économique durable.» Ainsi donc, l’entreprise s’engageait à devenir un « partenaire stratégique du gouvernement camerounais, pour le bien être des populations et le développement du Cameroun. »
Un business plan ambitieux
Dix ans après, un premier bilan était nécessaire. C’est ce qui justifie la rencontre, ce lundi 05 août, avec la presse qui, aux côtés de Ekane Anicet et de quelques associations de défense des intérêts des consommateurs, n’a pas manqué, au cours de cette décennie, de joueur pleinement son rôle de critique et d’éveilleur de conscience. Ce qui aura permis à Aes sonel de peaufiner sa stratégie pour sortir le Cameroun du noir.
A en croire la direction de la communication de Aes sonel, cette stratégie repose sur un business plan ambitieux qui a permis à l’entreprise de « mobiliser auprès des bailleurs de fonds internationaux et locaux plus de 650 millions de dollars pour couvrir les investissements de structure, de 2001 à 2011, et répondre à la demande nationale en énergie. » Il s’est agi pour l’opérateur d’accroître sa capacité de production, en mettant un accent sur la réhabilitation des centrales d’Edéa et de Songloulou, en achevant les travaux entamés à la centrale de Logbaba, en étendant et de rénovant les centrales thermiques isolées. Selon les données fournies par l’entreprise, le Cameroun dispose aujourd’hui d’une capacité de production installée de 1017 mégawatts, soit 720 mégawatts de capacité hydroélectrique et 297,2 mégawats de capacité thermique.
Dans la foulée, l’on annonce la construction d’une centrale à gaz à kribi, dont le coût global de 80 milliards de Fcfa apportera une capacité supplémentaire de 150 à 216 mégawatts. Pour atteindre ses objectifs, l’entreprise s’est également lancée dans la modernisation de son réseau de transport et de distribution d’énergie. Cela était d’autant plus indispensable qu’au moment de la privatisation, « ce réseau présentait un taux de défaillance élevé avec des transformateurs obsolètes ou brulés du fait de leur surcharge qui affectait jusqu’à 80% du parc.» D’importants investissements ont donc été réalisés dans ce secteur, soit 103 milliards de francs Cfa pour l’extension du réseau, le renforcement et la réhabilitation des ouvrages existants. Pour ce qui est de la distribution de l’énergie, 65 milliards ont été consacrés aux électrifications nouvelles, notamment en zones urbaines.
Mais ces investissements colossaux n’auront de sens que si les principaux bénéficiaires que sont les clients sont au cœur de leur mise en œuvre. C’est pourquoi l’entreprise s’est engagée à faire oublier les tristes souvenirs « des nuits à lueur de la lampe tempête ». Pour ce faire, l’on annonce que 11 milliards seront investis pour la mise en place de nouveau système de gestion clientèle dont la finalité est de créer des relations plus conviviales aves les clients à l‘horizon 2012. Il s’agira d’offrir plus de facilités dans le paiement des factures, de mettre sur pied un centre d’assistance et d’écoute plus professionnel capable de recevoir des informations en temps réel, sur la qualité du service fourni et les désagréments enregistrés, ou de déterminer le niveau d’appréciation des prestations.
Il s’agira également, précise-ton, de faire preuve de célérité dans la réalisation des branchements. C’est dans cette optique que l’entreprise a décidé de relooker son site Web pour ses 10 ans. A travers ce nouveau portail de communication, qui se veut être une plate forme de dialogue et d’écoute, les potentiels clients pourront effectuer leur abonnement en ligne ou découvrir un simulateur de consommation qui leur permettra de gérer leurs consommations de manière intelligente.
Ive Tsopgue
