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Présidentielle du 09 octobre Comment Biya a neutralisé Fru Ndi et Bello Bouba

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bello-fru Face aux ingérences dangereuses de la communauté internationale, le président sortant voulait crédibiliser le vote. Il fallait passer par le Grand Nord et le Grand Ouest. Une véritable leçon de réalisme politique. Suivant la convocation du corps électoral, les camerounais en âge de voter se rendront massivement aux urnes le 09 octobre prochain pour élire celui qui aura lourde responsabilité de conduire leur destin au cours des sept prochaines années.
51 formations politiques (ils étaient seulement 16 en 2004) ont décidé de briguer la fonction présidentielle. En Attendant qu’Elections Cameroon publie la liste définitive probablement cette semaine. Son conseil électoral est en session depuis hier à Yaoundé.

La crédibilité d’une élection se mesure par rapport à deux grands facteurs. Il y a le taux d’inscription et la qualité non seulement des candidats mais aussi l’obédience des partis politiques qui participent au scrutin. Face au menace de boycott des uns et des autres, les appels incessants au report et la problématique de la candidature de Paul Biya, au pouvoir depuis le 06 novembre 1982, des doutes subsistaient sur l’intérêt affiché par la classe politique nationale quant aux enjeux de cette élection et l’attitude de la communauté internationale qui exige un vote propre et limpide, débarrassé de toutes sortes de fraudes et de manipulations.

La neutralisation de Fru Ndi

On peut dire qu’au regard de ces différentes craintes, Paul Biya, président de la République sortant, a une fois de plus démontré aux yeux de l’opinion nationale et internationale qu’il reste un sphinx de la politique. Un habile manœuvrier, adepte du réalisme. Tout d’abord, il réussit à faire plier le chef de l’opposition Ni John Fru, adepte du boycott et qui ne croit pas à la neutralité d’Elecam. L’homme de Ntarikon demande d’ailleurs aux camerounais de ne pas s’inscrire sur les listes électorales ; tout en soutenant qu’il n’y aura pas d’élection au Cameroun cette année. A moins de deux semaines de la clôture des opérations, le coup de théâtre se produit. A l’issue d’une réunion du Nec à Bamenda, son fief, suivie d’une conférence de presse à Yaoundé, le revirement se produit. Ni John Fru Ndi change de position en appelant à une inscription massive sur les listes électorales et en confirmant la participation du Sdf à la prochaine élection présidentielle.

Cette annonce qui surprend tout le monde intervient au moment où le chef de l’Etat se trouve en Chine pour une visite d’Etat. Et dès son retour, il signe d’importants textes portant nominations dans les forces de défense pour sécuriser le vote du 9 octobre prochain, annonce un congrès ordinaire du Rdpc et signe le décret convoquant le corps électoral.

Qu’est-ce qui se serait donc passé pour que le chef du Sdf revienne à de meilleurs sentiments quand on sait que les onze conditions posées pour aller aux élections n’ont pas été remplies ? Qu’a-t-il reçu comme garanties pour se mouiller ? Selon nos sources, en route pour la Chine, Paul Biya aurait rencontré son opposant dans un pays de l’Afrique de l’Est où une escale technique était prévue. Et c’est dans cet Etat que tout a été négocié, à savoir : la levée du mot d’ordre de boycott des opérations d’inscriptions sur les listes électorales et la présence du Sdf aux élections pour des raisons de crédibilité.

En retour, Paul Biya aurait fait des promesses à Ni John Fru Ndi en guise de récompense. On parle d’un statut de chef de l’opposition reconnu par la Loi fondamentale avec toutes ses mesures d’accompagnement : véhicules de fonction, logement, garde corps, indemnités et autres. Et pour ne pas faire les choses à moitié, c’est à partir du salon VIP de l’aéroport international de Douala, habituellement réservé aux personnalités listées, que Fru Ndi habitué à gravir les escaliers lors de ses déplacements à l’étranger, a embarqué pour l’Afrique de l’Est. Il avait à ses côtés son vice-président national M. Joshua Shih et le défunt trésorier national Me Augustin Mbami.

 

Le cas Bello Bouba

Après avoir neutralisé le Sdf, Paul Biya s’est occupé du cas de l’Undp de Maïgari Bello Bouba. Le président national du Rdpc sait bien qu’au moins 45% des bureaux de vote des élections se trouvent dans le Grand Nord et qu’il vaut mieux avoir dans son camp Bello Bouba qui jouit d’un poids politique non négligeable dans cette partie septentrionale du pays. Il est question de fragiliser davantage l’opposition lors du sprint final. Des négociations sont entreprises sous la houlette du secrétaire général du Comité central du Rdpc M. René Emmanuel Sadi. C’est pour cette raison que la réunion du bureau politique de l’Undp d’il y a quelques jours avait accouché d’une souris. La question relative à la participation de l’Undp à la prochaine élection présidentielle ayant été inscrite à l’ordre des assises du comité central. Au cours de celles-ci tenues au palais des congrès de Yaoundé où se trouve aussi le siège du Rdpc, le choix n’a pas été gratuit, M. René Sadi débarque dans la salle des travaux et s’adresse aux participants. Il déclare que le président Paul Biya souhaite que la plate-forme Rdpc-Undp soit activée pour le scrutin du 9 octobre prochain. En d’autres termes, les deux formations politiques doivent battre campagne dans le même camp. Malgré quelques réticences enregistrées dans ses rangs, Bello Bouba, ministre d’Etat dans l’actuel gouvernement, ne crache pas sur la main tendue du Rdpc. L’homme sait qu’il ne peut pas battre Paul Biya dans les conditions actuelles ; pourquoi donc se gêner même s’il faudra s’attendre à des dégâts collatéraux. En contrepartie, la présence de l’Undp dans le gouvernement et les autres cercles de décision de l’Etat sera renforcée. Le réalisme en politique n’a pas de prix.

 

Arthur G. Bakande

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