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Affaire Thierry Atangana : Nouvelles absences des avocats de l’Etat du Cameroun

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Michel-ThierryAprès leur absence à l’audience du 9 août dernier, les avocats de l’Etat du Cameroun, Maîtres Yolande Ngo Minyogo et Just Bell Hagbe, n’étaient pas présents à l’audience du 7 septembre dernier. Néanmoins, la cross examination de l’ancien président du Copisupr – le Comité de pilotage et de suivi des axes routiers Yaoundé-Kribi et Ayos-Bertoua, a commencé.
Le contre-interrogatoire a été mené tant bien que mal par le procureur de la République, Christian Ndanga. Ce mercredi 7 août 2011, la partie civile a semblé éprouver de la peine à remettre en cause les preuves apportées par Michel Thierry Atangana lors de l’examination in chief. Etant donné que pendant cette épreuve, l’accusé avait dégagé de nombreuses irrégularités contenues dans l’accusation portée contre lui. Soutenant que le Copisupr n’était pas une fiction. La cause de l’atroce humiliation qu’il subit depuis plus de 14 ans, viendrait du fait qu’il avait réussi à mobiliser plus de 332 milliards de Fcfa pour le financement des projets routiers promis par le chef de l’Etat aux populations du Centre, de l’Est et du Sud en 1994. Projets pour lesquels des Conventions dites de cession, compensation et de règlement définitif de créances avaient été signées entre l’Etat du Cameroun et onze multinationales.

 

Il est aujourd’hui certain que l’Etat du Cameroun devrait payer au terme de ce procès une facture immense pour avoir mis fin aux projets sans raisons valables. On évalue déjà à plusieurs milliards de Fcfa de dommages et intérêts, en dehors des 332 milliards de Fcfa mobilisés par les onze multinationales qui sont pour la plupart des sociétés pétrolières.

 

Ping-pong

Tout a commencé à exactement 13h34. Après la vérification des présences, le président du tribunal, madame Marie Nnomo Zanga qui conduit la collégialité, donne la parole au procureur. Il est question pour lui d’affaiblir, de modifier ou de détruire les prétentions de Michel Thierry Atangana lors de l’examination in chief. Exercice au cours duquel Michel Thierry Atangana Abéga répondait aux questions de sa défense. Tout le monde sait dans quel contexte le Copisupr avait été créé en juillet 1994 par le chef de l’Etat. Il s’intéresse à la mission assignée à Thierry Atangana par le groupe français Jean Lefèvre. « J’avais pour mission de restructurer les actifs financiers du Groupe au Cameroun », répond le témoin accusé. Par la suite, le tribunal va de temps en temps ramener le procureur sur de « la route tracée ». Il est même arrivé au témoin accusé de s’insurger par cette manière de faire du magistrat. « On ne peut pas me faire porter la responsabilité des pièces qui ne sont pas signées », lance-t-il, trouvant dommage que ses bourreaux ne soient pas présents à l’audience pour expliquer au tribunal dans quel contexte ils avaient fait certaines déclarations.

Le prétoire a été ensuite surchauffé quand il est dit qu’il avait tenté d’extorquer la signature de l’épouse d’Isaac Njiémoun pour une délibération. « Ceci est un scandale. La signature de sa dame n’a aucune valeur. Ça ne tient pas », rétorque le détenu. Pire, il éclate lorsque le procureur évoque le procès-verbal de la perquisition de son bureau et de son domicile : « Monsieur le procureur, où sont les études ? Où sont les véhicules ? Où est le mobilier ? Où sont les ordinateurs ? C’est des camions qui sont venus à cette perquisition ». Comme pour dire que des tonnes de documents avaient malencontreusement disparus, pour la fabrication d’autres en substitution.

La cross examination s’envenime à l’évocation du mécanisme de financement du Copisupr parce que le procureur soutient que le ministre de l’Economie et des Finances, feu Justin Ndioro, était contre ce mécanisme. Michel Thierry Atangana s’en offusque. Il est 17h lorsque l’audience est suspendue. La cross examination continue ce vendredi 9 septembre. Signalons que l’ancien bâtonnier, Me Charles Tchoungang, s’est constitué conseil de Michel Thierry Atangana. Et au président du tribunal de lui recommander de bien prendre le train qui est en marche.

C’est toute agacée que la représentante de l’ambassade de France au Cameroun a quitté la salle d’audience. On attend toujours la nouvelle attitude des avocats de la partie civile qui ne cessent de vouloir fragiliser davantage Michel Thierry Atangana.

 

Jean-Pierre Bitongo

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