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Le Cameroun compte près de 74 écoles de formation médico-sanitaire (38 publiques et 36 privées). On pourrait dire que c’est la moindre des choses dans un pays de 18 millions d’habitants et dont le taux de croissance démographique est de 2.8% [1]. Pourtant à y regarder de près il n’y a pas lieu de se réjouir…Plusieurs institutions sont dévolues à la formation de médecins : des facultés publiques (Yaoundé I, Douala, Buéa, Dschang, Ngaoundéré) et des établissements privés (Université des Montagnes - Bangangté, Institut supérieur protestant des sciences et des technologies d’ELAT- Ebolowa, Institut supérieur des techniques médicales de Nkolodom -Yaoundé) [2]. Il est impossible d’établir une liste exhaustive à ce jour. La crédibilité de ces différentes institutions pose question et obtenir des informations sur celles récemment crées relève de la gageure. Seuls 3 des établissements que nous avons cités disposent de sites internet (www.fmsb.uninet.cm, et www.udesmontagnes.org, www.ured-douala.com/fmsp).
Des sites plus ou moins détaillés qui pourraient traduire le désir de compétitivité de celles-ci. Pour dire les choses telles qu’elles sont, la plupart n’existent que sur papier. Pour exemple, l’Institut supérieur laïc de l’Equateur crée en Mars 2010 dont la faculté de sciences pharmaceutiques, sanitaires et médicales occuperait les bâtiments du lycée classique d’Ebolowa, et pourrait être confondu avec l’Institut supérieur protestant des sciences et des technologies d’ELAT- Ebolowa [3]. Sans amphithéâtre, ni laboratoires comment ces nombreuses écoles peuvent-elles prétendre encadrer des étudiants en médecine ? D’aucun diront qu’il faut bien commencer quelque part et qu’un pays pauvre ne peut pas se permettre mieux.
>Et pourtant non ! Nous ne commençons pas ! La sortie des premiers médecins formés à la FMSB (anciennement CUSS) date de 1975, avec déjà les bâtiments actuels et un CHU [4]. Et de toute façon en médecine le principe de ‘’l’école sous l‘arbre’’ ne saurait s’appliquer. Nul n’ignore que les étudiants issus de faculté ou d’écoles rudimentaires seront handicapés, car ils n’auront pas accès à des hôpitaux de référence même pour des stages de vacances. En étant logique et conséquent, cela parait évident qu’on ne peut abandonner à des apprentis la santé des bonnes gens. Des apprentis sans apprentissage qui n’auront jamais été confrontés à la pratique médicale.
Le pire c’est qu’ils n’auront jamais rien appris de personne. Car si la médecine d’Hippocrate n’avait ni CHU, ni les moyens techniques actuels, on ne saurait faire abstraction de l’enseignement et du mentorat en médecine. Selon l’Observatoire de Ressources Humaines pour la Santé de l’Afrique (OMS), la FMSB comptait 20 Professeurs titulaires, 39 Maîtres de conférences, 45 Chargés de cours, et 36 Chargés de cours assistants en 2009. Ne disposant pas de données sur l’effectif administratif des autres facultés de médecine publiques, on peut supposer certains professeurs issus de Yaoundé I se dévoueront pour cumuler des chaires. Selon le site internet de l’Université des Montagnes, plus de 200 ‘’enseignants’’ ont dispensé des cours entre 2000 et 2008 [5].
l’enseignement est le seul garant de la transmission de standards cliniques, diagnostiques et éthiques dans le contexte économique actuel du pays. En cela le strict professionnalisme, la discipline et la rigueur de la pratique médicale sont à notre portée !
Même si l’engouement des populations autour de ses nouveaux établissements est légitime et que les besoins des populations sont réels, il ne faut pas se précipiter. Aussi volontaires que ces aspirants carabins puissent être, ils doivent être informés. Ces Jeunes doivent s’assurer qu’au bout de 7 ans d’études, ils ne seront pas des médecins généralistes au rabais, refoulés des concours de spécialisation du Cameroun ou d’ailleurs.
