Pénurie d’eau : Le commerce des récipients déborde



Avec la rareté de l’eau dans les quartiers de la ville de Yaoundé, les vendeurs de récipients se frottent les mains. William A. a une bonne raison d’afficher ce sourire sur son visage malgré la chaleur torride sous laquelle il traîne des récipients tout autour de sa taille. Pour ce commerçant ambulant, les ventes ont grimpé depuis peu : « depuis que la pénurie d’eau a commencé, je fais plus de ventes que d’habitude. Par jour, je peux vendre jusqu'à 10 seaux de 10 et 15 litres sans compter les bassines qui sont prisées par bon nombre de clients ». Ce vendeur avoue d’ailleurs que le prix de ses bassines d’une contenance de 30 litres est passé de 2500 à 3000.En effet, il n’est pas le seul à se frotter les mains depuis la rareté du liquide précieux F.
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Au lieu dit « Trois statues » à Yaoundé où le commerce des récipients a établi son quartier général, les clients se succèdent les uns après les autres. Charly T, commerçant, vient d’acheter un fût de 230 litres à 7000 F. Pour cet habitant du quartier Efoulan, c’est un pas de plus dans l’approvisionnement en eau : «avec ce nouveau récipient, je vais pouvoir stocker l’eau pour au moins trois jours. Avant, il fallait aller jusqu’à Nsam pour puiser de l’eau. Malgré les prix qui sont un peu forts, je compte revenir d’ici lundi pour prendre des bidons et d’autres futs pour mon chantier ».
Au niveau des commerçants, c’est la loi du silence concernant le montant journalier des ventes. Toutefois, tous s’accordent sur le fait que les ventes sont en hausse. C’est le cas pour Yannick M. qui s’attèle à laver un tonneau qu’il va ensuite exposer : « C’est vrai qu’avec les problèmes d’approvisionnement en eau, je vends maintenant plus de récipients que d’habitude. Les bidons de 10 litres qui sont des récipients neufs, coûtent plus chers que ceux de 20 litres que nous achetons auprès des vendeurs d’huile de palme ». Son voisin est du même avis que lui : « notre commerce est florissant depuis la pénurie d’eau à Yaoundé. Je peux vendre jusqu’à trois cubitainers par jour. » Un seul d’une contenance de 1000 litres coûte 55.000 F. Ce qui fait une recette de près de 200.000 F chaque jour pour ce commerçant.
Malgré cette floraison dans les ventes, les vendeurs se heurtent à un autre problème, celui de la pénurie de la marchandise. « C’est vrai qu’il y a plus de clients mais nous n’avons pas toujours de marchandises. Les récipients que je vends actuellement proviennent de Douala », déclare Antoine Ndongo, autre vendeur. A en croire ce dernier, la Société de Fabrication de Vin du Cameroun (Sofavinc), principal fournisseur aurait coupé les livraisons, prétextant de ne plus fabriquer de vins.