






![]() | Aujourd'hui | 30 |
![]() | Total | 2295030 |
L'incident qui s'est produit hier après-midi n'a heureusement pas fait de victimes. Contrairement aux précédents. Un train marchandises transportant des hydrocarbures a déraillé hier après-midi à quelques encablures de la Gare voyageurs de Yaoundé, précisément sous le pont reliant le quartier Elig-Essono au quartier Fouda. Selon des sources officielles, l'incident qui a été vite circonscrit par des forces de l'ordre n'a heureusement fait aucune victime. Cet incident est survenu après la forte pluie qui s'est abattue dans la capitale politique. A en croire les sources proches de Camrail, le train en question se rendait à Ngaoundéré.
Quelle est la nature de ce déraillement, un de plus après ceux des 28 et 29 août 2009 qui ont endeuillé de nombreuses familles camerounaises ? Personne jusqu'ici ne souhaite aborder la question à Camrail, mêmes les responsables que nous avons joints au téléphone au moment où nous mettions sous presse, n'ont apporté aucune explication à ce sujet. Mais d'après certains observateurs, la thèse de la vétusté des rails est fortement à envisager.
450 millions de Fcfa pour rien ?
Cet autre incident survient moins de deux mois après que le gouvernement de la République et les responsables de cette société se soient mobilisés pour éviter que pareil spectacle se reproduise dans l'avenir. On se souvient que pour l'amélioration des conditions de sécurité du transport par voie ferroviaire, le gouvernement s'était attelé entre autres, à ouvrir une enquête donc les conclusions restent très peu connues du grand public, alors qu'un délai de trente jours avait été arrêté pour déterminer les causes des différents accidents. Il s'était également engagé à intensifier les contrôles sur la voie ferrée, ainsi que sur les matériels d'exploitation. Tandis que les responsables, non sans préciser qu'il n’existe pas de risque zéro en matière de transport, quelque soit le pays et l’environnement technologique, avaient selon leurs dires, mobiliser une dizaine de draisines chargées de baliser le tronçon Douala-Ngaoundéré. En guise de rappel, cette machine permet de vérifier l’état de chaque voie avant le passage des locomotives.
Les autres mesures prises et annoncées au personnel au lendemain des ces événements malheureux étaient entre autres, la limitation des vitesses des trains ; l’interdiction de vendre plus billets que le nombre de places disponibles ; la création d’un guichet unique pour les hommes en tenue ; l’accroissement du simple au double des wagons pour le transport des bœufs. Si toutes ses dispositions ont été effectivement prises, comment comprendre finalement l'incident d'hier après-midi ?
D'après les observateurs qui s'intéressent de près à ce dossier qui touche de plein fouet la mauvaise privatisation de certaines entreprises camerounaises, il ne faut pas être sorcier pour comprendre que le Groupe Bolloré ne roule pas pour le Cameroun et les Camerounais qui sollicitent au quotidien le rail pour leurs multiples activités, mais plutôt pour ses intérêts personnels. Il est difficile à un esprit éveillé de comprendre la destination qu'empruntent les 450 millions de Fcfa que le gouvernement verse chaque année à Camrail pour améliorer les conditions de sécurité et de transport des voyageurs. L'autre vérité, selon nos sources, est que Camrail a commandé un matériel roulant inapproprié et inadapté qui ne cadrait pas avec les dimensions ou du moins les caractéristiques des rails qu'on retrouve au Cameroun. La preuve, certaines de ces machines de la mort ont purement et simplement été redimensionnées dans leurs ateliers. Le gouvernement gagnerait donc à se pencher davantage sur ce dossier, à moins d'être complice. Car, un autre 28 août aurait pu se produire si les wagons avaient explosé.
Thierry Nyope
