Presidentielle 2011: La société civile soumet un pacte agricole aux candidats



Initiative de l’Acdic, de la Cosac et de l’Ap, le document est un plan de développement de ce secteur. Entourés de quelques uns de ses collaborateurs et leaders de la Coalition pour la souveraineté alimentaire (Cosac), hier, 30 août 2011, Bernard Njonga le président de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic) a donné une conférence de presse dans les salons de l’hôtel Djeuga Palace à Yaoundé.
Si pour l’orateur, le Cameroun est un pays immensément riche notamment en matière d’agriculture, «il est surtout incompréhensible que cette Afrique en miniature qui regroupe quasiment tous les écosystèmes soient à la traîne».
C’est pour cette raison qu’à l’occasion de la prochaine élection présidentielle, M. Njonga et ses partenaires des Ongs du secteur agricole (Action paysanne – Ap- et Coalition pour la souveraineté alimentaire – Cosac-), engagent les candidats à la prochaine élection présidentielle du 09 octobre 2011, à prendre date avec le monde rural en prenant l’engagement d’appliquer le programme agricole ainsi élaboré.
«Parce que le milieu rural camerounais est riche de la diversité de ses écosystèmes et de ses cultures agropastorales, il dispose des atouts agri-sylvo-pastoraux pour devenir le fer de lance d’une croissance forte et durable non seulement au Cameroun mais aussi dans la sous région», indique Bernard Njonga qui dans la suite de la présentation des indicateurs agricoles globaux du pays, souligne l’agriculture contribue à hauteur de 35% du Pib. Il motive en outre son action par le fait que l’agriculture occupe 67% des populations et que sur le plan de l’emploi, le secteur agricole demeure le premier utilisateur de main d’ œuvre et le principal pourvoyeur de revenus. Pour ces raisons et 16 autres recensées, «il est inadmissible que le pays ne dispose pas d’une vision au plan agricole», a relevé le leader paysan.
Dans le document que Bernard Njonga a remis à quelques leaders politiques réunis au Djeuga Palace dans le cadre d’une autre concertation, il entend sortir de terre de manière efficace et efficiente, des exploitations familiales. Mais aussi des plantes qui permettent d’assurer la sécurité alimentaire et procurent des revenus décents à ses actifs. Dans le même ordre d’idées, le programme agricole de ces différents groupes de la société civile, prévoit de contribuer efficacement à «la construction des écosystèmes durables et diversifiés». Surtout que la future politique agricole ainsi proposée vise à sortir «le paysan de l’état de précarité constante». Non sans lui proposer un avenir. Une production en clair, qui donne «une nourriture de qualité aux consommateurs à un prix juste et équitable».
L’objectif majeur de cette projection est de contribuer de manière durable «à la satisfaction des besoins d’alimentation des populations, au développement économique et social, c’est-à-dire une agriculture qui participe à la production et à la redistribution des richesses, en même temps qu’à la réduction de la pauvreté et des inégalités entre les régions et entre les Camerounais». Il s’agit plus singulièrement de garantir la sécurité alimentaire des populations dans leurs cadres de vie et de travail. Et surtout de réduire la dépendance alimentaire nationale dans une perspective de souveraineté. Ceci passe par la création de l’activité dans le monde rural. Mais aussi, l’intensification durable des systèmes de production efficaces et générateurs de biodiversité.
Des perspectives contenues dans des propositions concrètes comme la fourniture par les pouvoirs publics des semences diversifiées et en quantité aux petits producteurs. Partant de la réalité selon laquelle, plus de 80% de cette catégorie d’exploitants agricoles manquent de semences de qualité. Il s’agit aussi d’initier les professionnels du secteur agricole au Cameroun, à l’utilisation des engrais et produits phytosanitaires.