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Le chef de l’Etat a reçu mercredi l’ambassadeur Michael Arbel, porteur d’un message du Premier ministre israélien. C’est la mine grave, et le ton plutôt ferme que Michael Arbel, ambassadeur de l’Etat d’Israël au Cameroun, explique aux journalistes l’objet de son entretien d’hier avec le président de la République :
« Le premier objet de cette rencontre était le message spécial du Premier ministre israélien, M. Benyamin Netanyahou, à S.E le président Paul Biya. Il concerne la situation au Moyen-Orient. » Le diplomate précise ensuite ce qui fait problème. Il s’agit de l’initiative palestinienne d’aller à l’Assemblée générale des Nations unies en septembre prochain pour faire une « déclaration unilatérale d’indépendance. » L’ambassadeur d’Israël ne passe pas par quatre chemins pour exprimer la position de son pays à ce sujet : « Nous sommes contre cette attitude et nous avons discuté de cette question avec le président Paul Biya. »
Pour la partie israélienne, en effet, le projet palestinien n’est pas la solution pouvant aboutir à une position commune. D’après l’hôte du chef de l’Etat, certains préalables méritent d’être examinés par les deux parties israélienne et palestinienne. Et une déclaration d’indépendance ne serait alors que l’aboutissement. Et pour commencer, Michael Arbel tient à lever ce qu’il considère comme un malentendu : « Il y a quelque chose que beaucoup de pays et beaucoup de médias ne comprennent pas. Les Israéliens ne sont pas contre l’idée d’avoir la cohabitation entre Israël et une Palestine indépendante. Ce n’est pas le cas. Nous sommes pour cela. Mais la question, c’est : à quelle dimension ? Dans quels détails ? À quel niveau des frontières ? Avec quel type de pays ? »
Les préalables en question sont énoncés par l’ambassadeur d’Israël : « Il faut premièrement que l’Etat d’Israël soit reconnu par les Palestiniens. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Donc, le principe est d’avoir les deux pays, l’un à côté de l’autre, et de faire la cohabitation réelle et positive. Et nous pensons que cela doit se faire dans le cadre de négociations directes, sans pré-requis. Elles doivent être la voie principale pour arriver à une position commune. Après cela, la déclaration d’indépendance ne va pas être un problème. Mais il faut définir les frontières », poursuit Michael Arbel.
Au cours de l’audience d’hier, le président Paul Biya et son hôte n’ont pas manqué l’occasion de revisiter la coopération fructueuse entre le Cameroun et l’Etat d’Israël. Depuis l’indépendance du Cameroun, les deux pays entretiennent une longue et bénéfique relation dans des domaines comme la santé publique, la sécurité ou l’agriculture. Le sujet redonne vite le sourire au diplomate : « Il y a beaucoup de raisons d’être fier des relations entre nos deux pays amis et nous sommes décidés à continuer de cette façon. La discussion a vraiment été très positive et très enrichissante. Et je suis content. » C’est tout dire…
