Douanes:controverse sur l’activisme des syndicats



Deux ans près sa mise en service, le dispositif de surveillance est, depuis quelques semaines, l’objet de dénonciations des syndicats de transporteurs.
Indexées, les autorités douanières relativisent. Il fallait être attentif à cette « mise au point » parue dans les journaux il y a quelques jours : un document dont on voyait bien qu’il apportait son lot de clarifications suite à un mot d’ordre de grève lancé dès le 2 août dernier, par la Confédération générale des syndicats de transport du Cameroun ( Cgstc).
La plate-forme syndicale, il est vrai, n’avait guère fait mystère de ses griefs, avec en bonne place, des récriminations contre le fonctionnement du Global positionning system ( Gps). Ce dispositif de suivi des marchandises en transit sur le territoire national, mis en place par la Direction générale des douanes du Ministère des Finances, « en application des hautes directives des autorités », ne s’était pas révélé satisfaisant pour la Cgstc. Qui évoquait des « préjudices irréversibles aux transports routiers dues aux dysfonctionnements du projet Nexus Gps Douane, qui entraîne la faillite des transporteurs et la suppression des emploies (sic) en cette période critique ». Il n’en fallait pas plus pour que la Cgstc en appelle, sans fioritures, à « l’arrêt immédiat du système GPS », ainsi d’ailleurs au « départ de ce poste névralgique pour la paix et la stabilité sociale ( sic) du Cameroun », de Madame le Directeur général des douanes, selon une littérature abondamment distribuée, et acheminée à divers niveaux des l’Etat, dont aux services du Premier ministre…Pas moins !
L’attention des observateurs était d’autant plus mobilisée autour de ce « mot d’ordre » que, tout en appelant au mouvement d’humeur par la lettre n°001/Cgstc/Bec/Pc/Sg/11, la même Cgstc publiait un « communiqué radio presse » le même jour, à la tonalité plus prudente : « Le président de la confédération générale des syndicats des transports du Cameroun , suite aux démarches entreprises auprès des syndicats de base du secteur des transports, employeurs et employés, depuis un certain moment par les partis politiques et Ong étrangères installées au Cameroun, afin d’inciter ces derniers à orchestrer des troubles à l’ordre publique (sic), pendant cette période sensible préélectorale, rappelle à tous les camarades que le syndicat est une organisation apolitique et à ce titre, il invite tous les camarades responsables syndicaux ainsi que les membres adhérents que sont : les conducteurs professionnels de moto taxi, de taxi de ville, de bus et de camions à ne pas céder à cette campagne d’insurrection. La richesse d’un citoyen dans son pays commence par la paix, il faut préserver nos acquis »,écrivait Pierre Nyemeck, président confédéral, qui en appelait, par la même occasion, « à la vigilance et la bonne collaboration des acteurs des transports avec l’administration gouvernementale ( sic) ». Ouf ! Il n’y eut pas de grève le 10 août comme annoncé.
Sans qu’on sache véritablement de quel poids avaient pesé les propos contradictoires des responsables de la Cgstc. Il reste que ce n’était pas la première fois que le « président confédéral » menaçait de mobiliser ses camarades contre le Gps. Au-delà des sous-entendus que charriait cette attitude ; il devenait important de s’attarder sur le fonctionnement du Gps et des résultats engrangés, et de sonder les mobiles de ces sorties syndicales devenues récurrentes.
Flore Edimo