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Poursuite des combats à Tripoli, Kadhafi toujours introuvable

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complexe-de-bab-al-azizia-residenceMalgré l'avancée spectaculaire des rebelles dans Tripoli, désormais sous large contrôle des insurgés, les combats se poursuivent, mardi 23 août dans une certaine confusion. La résidence du colonel Kadhafi, qui reste invisible, n'est toujours pas tombée, et d'autres villes du pays sont encore aux mains des forces loyalistes.

 

Autre revers pour le Conseil national de transition (CNT), instance politique des rebelles, Saïf Al-Islam, un des fils de Kadhafi, est apparu libre à la télévision lundi soir, alors même que le CNT avait annoncé son arrestation plus tôt dans la journée.

 

La Cour pénale internationale, par l'intermédaire d'un porte-parole, a démenti avoir confirmé cette arrestation.

  • Les affrontements se poursuivent à Tripoli dans la confusion

Selon la chaîne de télévision Al-Arabia, citée par Reuters, les rebelles ont affronté une colonne de l'armée régulière venant de Syrte. Les rebelles ont tué des dizaines de soldats, rapporte la chaîne, sans préciser où l'affrontement a eu lieu. Syrte, ville natale du dictateur, a été la cible de bombardements intensifs de l'OTAN juste avant l'entrée des rebelles à Tripoli.

A Tripoli, les combats se concentrent autour du complexe de Bab Al-Azizia, la résidence de Kadhafi. Al-Jazira rapporte que le bâtiment est cerné par les troupes rebelles. De fortes explosions ont également été entendues autour de l'hôtel Rixos, situé non loin, où une trentaine de journalistes internationaux sont terrés.

Ailleurs dans le pays, les rebelles ont selon Al-Jazira pris le contrôle de la ville côtière d'Ageila, dans l'Est, et se dirigent vers l'important port pétrolier de Ras Lanouf, dans le golfe de Syrte.

  • Kadhafi introuvable, son fils Saïf Al-Islam libre

La grande question sur le terrain reste la localisation exacte de Mouammar Kadhafi, qui n'a plus donné signe de vie depuis dimanche matin. Ni l'OTAN ni les rebelles ne savent où il se trouve.

Il pourrait être retranché dans son complexe de Bab Al-Azizia, défendu par des forces loyalistes. L'ancien président croate Stipe Mesic, proche de Mouammar Kadhafi, a assuré que le dirigeant libyen lui avait dit la semaine dernière qu'il était prêt à se retirer "complètement" de la vie politique si les frappes de l'OTAN cessaient.

L'OTAN confirme ne pas savoir où se trouve Kadhafi, précisant que le colonel n'est "pas une cible" pour la coalition, qui serait prête à accepter son départ.

Contrairement aux informations communiquées par le Conseil national de transition lundi, Saïf Al-Islam, qui devait succéder à son père, n'a pas été arrêté et s'est exprimé face à des journalistes à Tripoli lundi soir, libre. Il assure que son père, ainsi que le reste de sa famille, se trouvent toujours en Libye, sans plus de précisions.

  • Une victoire incomplète

Les forces loyalistes ne semblent contrôler que quelques quartiers de Tripoli, mais Alain Juppé, ministre des affaires étrangères français, a rappelé que l'OTAN restait "en alerte" et que la victoire n'était "pas complète". "Avec nos amis britanniques, a dit Alain Juppé sur Europe 1, nous avons apporté entre 75 et 80 % des moyens aériens. Nous n'étions pas au sol, à l'exception de quelques instructeurs qui ont permis d'encadrer et de former les troupes du CNT."

Même son de cloche du côté de Gérard Longuet, ministre de la défense, pour qui la victoire "n'est pas aboutie" et qui précise sur France Inter : "Les insurgés ont repris en totalité Brega (...), Misrata et Zlintan [est de Tripoli] sont toujours zones de combat."

Le vice-premier ministre britannique, Nick Clegg, s'est quant à lui montré rassurant, estimant que "les Forces libres libyennes contrôlent maintenant une grande partie de Tripoli, mais pas toute la ville". "Certes, il y aura des frustrations et des revers, mais le régime en lambeaux de Kadhafi est maintenant acculé. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne soit défait et que la Libye soit complètement libre", a déclaré M. Clegg à l'issue d'une réunion d'urgence sur la Libye, qui a rassemblé des ministres et des responsables militaires britanniques.

  • Les Etats-Unis préoccupés par la vacance du pouvoir

Washington se félicite de la chute annoncée de Mouammar Kadhafi mais s'inquiète du sort des stocks d'armes du régime en cas de vacance du pouvoir. "Nous devons particulièrement nous assurer que les réserves d'armes sophistiquées de Kadhafi, d'armes chimiques et d'explosifs ne tombent pas dans de mauvaises mains", a déclaré Mike Rogers, président républicain de la commission du renseignement à la Chambre des représentants.

Selon un responsable américain, les stocks d'agents chimiques sont toujours gardés par des hommes fidèles au colonel libyen. Certains responsables de l'antiterrorisme s'inquiètent d'éventuels pillages, dit une source de sécurité européenne.

  • Des réactions internationales enthousiastes

Le Bahreïn a reconnu le Conseil national de transition, mardi, comme "seul représentant légitime de notre peuple frère libyen et souhaite à la Libye d'atteindre la prospérité, le progrès et la stabilité, le développement et la reconstruction".

La Chine a de son côté souhaité la poursuite de liens économiques et commerciaux "mutuellement bénéfiques" avec la Libye. La Chine a investi des milliards de dollars dans les chemins de fer, le pétrole et les télécoms en Libye, et le ministère du commerce chinois a rappelé que l'insurrection libyenne avait porté atteinte à ses investissements. Plus étonnant, l'Iran a "félicité" mardi le "peuple musulman libyen" après l'entrée des rebelles à Tripoli, en soulignant la nécessité de respecter les aspirations des peuples.

Le ministre des affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, est, quant à lui, arrivé à Benghazi, où il devait rencontrer le chef du NT, Moustapha Abdeljalil. La Turquie est le seul pays musulman de la coalition.

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