Les enseignants contre les listes du Pm



Le président du Synes parle de « violation du décret présidentiel sur les conditions de recrutement dans les universités ». Depuis le début de la contestation des listes des présélectionnés de l’enseignement supérieur dans le cadre du recrutement des 25 000 emplois, les enseignants d’université ne se sont pas officiellement prononcés.
Pourtant sur les campus universitaire, la grogne est perceptible et certains d’entre eux ne cachent pas leur mépris pour les listes publiées le 8 août dernier par Cameroun tribune.
L’un d’entre-deux, enseignant au département d’histoire, indique qu’il « s’agit à nouveau des nouvelles magouilles du régime ». Son collègue ajoute que « ces nouvelles recrues ne sont bonnes que pour assurer le secrétariat au département ». Pour Owona Nguini, « le processus n’a pas été bien exécuté ». Même son de cloche au département d’archéologie, où un enseignant ne cache plus sa colère : « Ces Aters et vacataires font presqu’un travail de sacerdoce dans nos universités. Ils ne sont pas rémunérés, donc ce parachutisme est inacceptable ». La colère de nombreux enseignants provient du fait qu’ils estiment que « les administratifs ont décidé à leur place ».
Jusqu’ici, le principal syndicat de l’enseignement supérieur, Synes n’a pas encore officiellement pris position sur la question. Mais de source digne de foi, plusieurs rencontres ont eu lieu entre Innocent Futcha, le Secrétaire général du Synes et le collectif des moniteurs, vacataires et Ater. D’autres sources ajoutent que le Secrétaire général du Synes a également rencontré Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur, avec lequel il s’est entretenu sur ce dossier.
Joint au téléphone, Innocent Futcha affirme : « La contestation des listes est légitime. Je l’ai clairement fait savoir au représentant du collectif et au ministre de l’Enseignement supérieur ». Il précise par ailleurs que « cette procédure de recrutement dans l’enseignement supérieur est une violation flagrante de l’article 15 du décret présidentiel de 1993 fixant les conditions de recrutement dans les universités. Cela ne se fait nulle part. C’est contraire à la déontologie universitaire ».
Au niveau du collectif des moniteurs, vacataires et Ater, la contestation ne faiblit pas. Une déclaration de manifestation publique a été déposée le 17 août dernier chez le sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé 3ème. Dans la correspondance, il est question « d’organiser un « sit in » pacifique devant les services du premier ministre dès le mardi 23 août 2011 à partir de 8hoo ».
Boris Bertolt Ce que dit l’article 15
Les universités ouvrent des postes. Des commissions scientifiques sont constituées dans chaque département, qui procède à un examen des dossiers et transmet les résultats aux décanats. Un Conseil de faculté se tient et adopte définitivement les listes des sélectionnés qu’il soumet au Conseil d’université. Le Conseil d’université l’entérine et transmet les listes définitives au ministère de l’Enseignement supérieur.