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Improvisation : La colère de Essimi Menye

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essimiLe ministre des Finances, qui prenait part à l’inauguration du siège de la Cobac à Libreville, n’a pas apprécié de poireauter à l’aéroport faute d’avion.

 

Tantôt faisant les 100 pas entre les fauteuils du salon Vip de l’aéroport Léon Mba de Libreville, tantôt s’accoudant sur le comptoir du bar de ce même salon, tantôt allant contempler les montres de luxe Chanel et autres parfums exposés dans le free shop attenant, Essimi Menye, ministre des Finances du Cameroun, cachait mal sa nervosité.


Ce mardi 16 août, à plus de 20 heures, il en était à tourner comme un lion en cage dans cet aéroport qu’il avait rejoint vers 18h30, pour un embarquement et un décollage, prévus à 19 heures, à destination de Yaoundé Nsimalen, par vol spécial affrété par Allégiance airways, une compagnie privée gabonaise. Les autres passagers, près de 80, étaient arrivés une heure et demie plus tôt. Autour de 20h30, Le Minfi allait même sortir de ses gongs : «je vais allez manger en ville. Je reviendrai quand j’aurais fini. Et vous devrez m’attendre…»
Essimi Menye pensait boucler une journée finalement pénible. Car, pour prendre part à la cérémonie d’inauguration officielle de l’immeuble siège de la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac), il avait dû attendre, le matin déjà au départ de l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen, plus de deux heures au salon Vip. Le départ prévu à 9 heures est finalement intervenu à 11h45 minutes. «Au départ, nous devions être transportés par CamairCo», expliquait une source au siège régional la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), organisateur du vol spécial.

«Mais nous avons eu à la dernière minute d’énormes soucis car, lorsqu’on a recontacté CamairCo dimanche, il nous ont demandé de payer en espèces et sur le champ 51 millions Fcfa. Nous avons expliqué que nous n’avions pas cet argent en liquide et que lundi, 15 août, était férié. Nous avons alors proposé de donner une avance en espèces de 20 millions et le solde mardi à Libreville lorsque nous nous y serons tous rendus. Leur refus a été catégorique», informe une source autorisée.


Ce qui va donc les amener à tâter d’autres formules, alors que le temps jouait contre eux. D’abord une compagnie équato-guinéenne dont on découvre à la dernière minute qu’elle n’est pas à jour de son assurance.
Puis la compagnie gabonaise, ce même mardi matin, dont l’avion foulera le tarmac de l’aéroport de Yaoundé Nsimalen vers 10h30. Le ministre Essimi Menye, déjà dès le matin, s’était donc mis en colère, ne comprenant pas qu’à la CamairCo, où on a pourtant besoin d’argent, on gère des clients avec autant de légèreté. Promettant même d’initier une enquête interne au sein de la compagnie nationale, pour établir les responsabilités.

Cash…
Mais à la CamairCo où nous avons pu joindre le principal responsable commercial, Alphonse Bea, nous avons eu un son de cloche complètement différent. «Nous avons effectivement eu des contacts avec un responsable de la Beac qui, il y a trois semaines, en prévision de l’événement dont vous parler et qui devait se tenir à Libreville, nous a demandé de lui faire une cotation. Ce que nous avons fait dès le lendemain. Il n’a plus donné signe de vie jusqu’à dimanche dernier, 14 août, lorsqu’il nous a rappelé pour nous demander de mettre à leur disposition un avion et un équipage le lendemain, 15 août pour aller à Libreville avec retour le lendemain», indique Alphonse Bea.
Et de poursuivre en expliquant à ses interlocuteurs qu’une telle demande est compliquée à réaliser compte tenu de la flotte actuelle de la compagnie car «il faut gérer les créneaux horaires, refaire la planification des vols de manière à satisfaire les passagers des dessertes classiques qui ont déjà payés leurs billets».

Il ajoute que malgré tout, Camairco était prêt à honorer la commande, mais a tenu à préciser que, «compte tenu de ce que nous ne sommes pas qualifiés pour nous poser à Libreville pour l’instant, il y a des taxes spéciales qu’il fallait payer. Ce qui nous imposait d’avoir du cash qu’on remettrait à l’équipage afin de régler les situations sur place à Libreville, cash que nous ne pouvions pas mobiliser un dimanche ni le lundi qui était férié. Nous avons donc exigés une avance de 40%, soit 20 millions. Mais contrairement à ce que la Beac affirme, ils m’ont dit qu’ils ne les avaient pas et qu’ils se proposaient de nous les donner à Libreville mardi. Ce qui était impossible à faire pour nous, compte tenu des raisons que je viens d’évoquer.»
Voilà donc l’imbroglio qui a amené la Beac à se retrouver à négocier avec Allegiance Airways. Une compagnie qui a refusé de jouer franc jeu avec son client, en prenant un engagement (retour Libreville-Yaoundé à 19 heures) qu’il savait ne pas pouvoir tenir.

Car, après recoupement, le même avion avait un engagement sur une ligne interne (Libreville-Port Gentil et retour) en soirée qu’il a tenu à respecter tout en, faisant croire aux responsables de la Beac que l’avion était posé sur le tarmac et qu’il filtrait les bagages à envoyer en soute.
Autant de choses qui ont irrité Essimi Menye. Qui n’aura finalement pas mis sa menace à exécution. Autour de 20h45 heures, pendant que les passagers étaient enfin invités à embarquer sur le même avion du matin, qui venait de rentrer de Port Gentil, le Minfi revenait au salon et suivait les autres passagers. Un vol retour sans histoire au terme du quel, sitôt arrivé à Yaoundé, Essimi Menye a filé tout droit vers le véhicule venu l’attendre, visiblement las, et finalement énigmatique sur la suite qu’il comptait donner à cette affaire qui l’avait passablement perturbé.

Alain B. Batongué, à Libreville

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