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Silence coupable
Le mutisme des acteurs politiques à ce sujet est intrigant. Pourtant point focal dans le mémorandum du Sdf, le parti de Ni John Fru Ndi ne pense plus exhumer cette revendication. Au Social Democratic Front, l’heure est aux inscriptions sur les listes électorales. Le bulletin unique peut attendre.
A l’Undp, le débat est ailleurs ; Le parti de Maïgari Bello Bouba se bombe plutôt la poitrine et revendique la gratuité de la carte nationale d’identité. L’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès estime que l’initiative est d’elle et le parti doit en tirer le plus grand profit, plutôt que de s’engluer dans un débat à l’issue incertaine, l’activité dans ce parti est au renforcement des effectifs par le recrutement de nouveaux militants. A l’Undp, on parle de l’élargissement de la base du parti par la création des comités de bases et sous-sections, ainsi que de l’intensification des inscriptions sur les listes électorales.
A la conférence épiscopale nationale, on se contente d’un communiqué qui signale entre autre l’urgence d’un bulletin unique. Sans réel moyen de pression, l’épiscopat semble se résigner à la sentence des organisateurs de l’élection présidentielle d’octobre prochain. Tandis qu’à l’Udc, c’est l’apathie totale. L’indolence, mieux l’inertie du landernau politique à pouvoir secouer le cocotier peut être révélatrice d’une autre réalité.
Une affaire de gros sous
L’enjeu autour d’un bulletin unique est à géométrie variable. Les conducteurs de l’organisation des élections sont formels. A ce jour, Elecam est prêt à 80% dans les préparatifs du scrutin d’octobre prochain. Outre les urnes et isoloirs déjà ventilés dans les régions, le papier qui aidera à l’impression des bulletins de vote et autres enveloppes est disponible. Dans les différentes imprimeries, l’heure est au réglage des machines en faisant les yeux doux à Elecam. De gros marchés sont en perspective et de fortes sommes d’argent vont circuler. Impatiemment, les concernés attendent la convocation du corps électoral pour déclencher le processus.
Au regard des enjeux politico-financiers, personne ou presque n’a intérêt à soutenir le projet d’un bulletin unique. Pas plus que Paul Biya dont les partisans disent craindre d’éventuelles confusions de choix dont serait porteur le bulletin unique. Les projections d’Elecam font état de neuf millions d’électeurs potentiels plus la diaspora. Pourquoi n’imprimerait-on pas un nombre de bulletin équivalent au nombre d’inscrits ? Notre capacité à juguler nos égoïsmes et nos calculs personnels pour une cause noble est mise à épreuve.
Salomon Foé
