Choléra : 59 décès en deux mois dans l'Extrême-Nord


Plus de 1.300 cas ont été notifiés depuis juin dernier. Ces quatre dernières semaines, les centres de santé n’avaient pas notifié de nouveaux cas de choléra. Mais avec les pluies torrentielles du week-end dernier, les autorités sanitaires ont signalé de nouveaux cas dus au vibrion cholérique.
En témoigne ces nouveaux cas notifiés depuis vendredi 12 août 2011 dans les districts de santé de Maga et de Guéré, deux arrondissements du Mayo Danay dans la région de l’Extrême-Nord. Les populations desdites localités, qui sont sevrées d’eau et d’électricité depuis le 1er juillet 2011, s’abreuvent dans des forages et les puits mal entretenus. Le risque de contamination demeure élevé dans ces localités qui partagent une longue frontière avec le Tchad, pays où sévit actuellement le choléra.
«Actuellement, il a y près de 200 cas enregistrés, et les malades sont issus des localités de Maga et de Guéré. Maga étant une ville encerclée par les canaux d’irrigation du riz, ces eaux sont impropres à la consommation et favorisent l’expansion de la maladie, parce que vous êtes sans ignorer que l’eau et l’électricité ne sont pas disponibles depuis près de trois mois déjà», explique Antoine Edibe, surveillant général de l’hôpital de district de Maga. Il en est de même du département du Logone et Chari, notamment le district de santé de Kousseri qui a notifié de nouveaux cas, favorisés par les mouvements transfrontaliers entre le Tchad et le Nigeria voisins, deux pays où se trouvent des foyers de choléra. Lesquels ont continué à notifier des cas pendant les six semaines de légère accalmie.
Pour l’heure, les autorités sanitaires affirment avoir enregistré 1.379 cas et 59 décès sur l’ensemble de la région de l’Extrême-Nord depuis le retour des pluies en juin dernier. «Nous continuons d’assurer la prise en charge gratuite des soins tout en renforçant la surveillance épidémiologique. Nous multiplions la sensibilisation dans les églises, dans les mosquées, les marchés et autres lieux de regroupement», indique le délégué régional de la Santé publique, le Dr Rebecca Djao.
Si les localités de Mokolo, Koza, Tokombéré, Méri et Gobo plus touchés l’an dernier, sont actuellement épargnées par l’épidémie, l’on dénombre de nouveaux foyers notamment dans le Mayo Danay et le Mayo Kani, deux unités administratives épargnées l’année dernière. Pour Dave Etienne Mevoula Onana, coordonnateur du Centre de coordination et de contrôle du choléra (C4) à Maroua, cette recrudescence s’explique par les échanges avec les pays voisins.
En guise de rappel, l’épidémie de choléra qui sévit actuellement dans le pays s’est déclenchée le 6 mai 2010 dans l’Extrême-Nord. C’est d’ailleurs cette région qui a payé le plus lourd tribut en enregistrant «près de 88% des cas globaux», sur les 10.759 cas de choléra que le Cameroun enregistrait officiellement à la fin de l’année 2010.
Jacques Kaldaoussa