Curiosité : Mère de triplés à 14 ans


En errance, deux des enfants de Victorine Nké portent les noms du couple présidentiel. Un attroupement s’est formé au lieu dit carrefour Mvog-Mbi à Yaoundé ce jeudi 11 août 2011, occasionnant un énorme embouteillage sur cet axe routier habitué aux bouchons à certains moments de la journée.
Au coeur de toute cette attention, une jeune fille assise sur un banc, deux bébés dans les bras. Accroupi à côté d’elle, son frère aîné, Denis Arnaud Ngono, 23 ans, donnant le biberon au bébé qu’il tient entre ses bras.
Debout derrière la jeune fille, un autre de ses aînés, Felix Rodrigue Nga, 19 ans, la protège du soleil à l’aide d’un parapluie, elle et les bébés. Devant Victorine Nké se trouve un bol. Quelques pièces de monnaie s’y trouvent, signe de la générosité de quelques passants qui ont voulu par ce geste lui témoigner leur compassion, face à sa détresse.
Agée de 14 ans, Victorine Nké doit assumer seule la responsabilité de ses triplés. Surtout que le papa, un certain Oline Tsimi Onana Tade, 19 ans et élève au lycée technique de Sa’a, lui a clairement signifié qu’il ne pouvait plus s’occuper d’elle ni de leurs enfants. Selon Rodrigue, les problèmes commencent le 26 février 2011 lorsque Victorine, alors élève au lycée d’Elig-Mfomo dans le département de la Lékié, accouche prématurément de ses triplés à l’Hôpital central de Yaoundé (Hcy). Elle n’est alors qu’à sept mois de grossesse. Toutes les couveuses devant accueillir ses nourrissons étant alors occupées, elle est réorientée à l’hôpital de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) sis au quartier Essos où elle restera deux mois.
Au terme de cette période, l’hôpital lui demande de payer d’un million de Fcfa. Mais la jeune fille n’a pas de quoi payer. Son copain, le père de l’enfant, va verser 800.000 Fcfa. Mais, ne pouvant plus supporter les frais, ce dernier aurait pris la poudre d’escampette, selon Rodrigue. Les parents de Victorine - son père est menuisier et sa mère, commerçante - se trouvent dans l’incapacité de payer les frais d’hôpital. La jeune fille et ses bébés seront alors séquestrés. La situation va se résoudre lorsque le ministre des Affaires sociales (Minas), Catherine Bakang Mbock, ordonne sa libération.
N’ayant pas les moyens pour élever dignement ses enfants, et abandonnée à son propre sort, l’adolescente se résout à déposer une demande au service des Affaires sociales. Aucune suite n’a encore été donnée à cette demande. Son cri de détresse, c’est sur une chaîne de télévision privée émettant à Douala qu’elle va le lancer, appelant à la générosité des âmes de bonne volonté. En attendant, Victorine joue les mendiantes, indifférente aux regards des curieux braqués sur elle et ses enfants. Des triplés dont deux portent les noms du couple présidentiel, quoique légèrement revisités : Chantal Biyala Vigourou et Paul Bi Mvondo Biya. La troisième, elle, se contente de s’appeler Rosette Ndongo
Alain G. Kanga (Stagiaire)