Présidentielle 2011 : John Fru Ndi explique son revirement


Il sera face à la presse ce jour à Yaoundé. Peut-il encore convaincre ?
John Fru Ndi, le chef du Sdf, principal parti de l’opposition camerounaise, donne ce jour à Yaoundé une conférence de presse.
Une rencontre avec les journalistes de la presse nationale et internationale qui sera probablement focalisée sur la prochaine élection présidentielle. L’on se souvient que lors des assises du Nec le week-end dernier à Bamenda, Le Social Démocratic Front avait lancé un appel en direction de tous les Camerounais en âge de voter afin que ces derniers aillent s’inscrire sur les listes électorales. Un message qui veut tout simplement dire qu’après plusieurs mois de chantages et de tergiversations, Ni John Fru Ndi et son parti iront aux élections. Les préalables qu’il avait posés pour prendre part à ce scrutin n’ont pas été retenus. Le pouvoir a tout simplement gonflé les membres d’Elecam qui sont passés de 12 à 18 ; le fond étant resté le même sur la question de l’indépendance de cet organe.
Le ridicule ne tue pas
Le chef historique du Sdf va donc essayer de donner les raisons de cette volte-face. A-t-il une fois de plus céder aux pressions de toutes sortes jusqu’à réussir à embarquer dans son camp des irréductibles comme le député Jean-Michel Nintcheu, radicalement opposé à toute participation aux élections dans les conditions actuelles. Sûrement que le chef de Ntarikon brandira une fois de plus la thèse de la préservation de la paix sociale et l’affaiblissement de cette formation politique pour justifier cet autre revirement de trop qui n’est que le reflet d’une opposition à court d’inspiration et incapable de prendre ses responsabilités face aux évènements. Son vice-président à l’Assemblée Nationale, l’honorable Mbah Ndam a d’ailleurs défendu cette position lors d’un entretien accordé dans les colonnes du quotidien Le Jour. Insuffisant pour continuer à duper un peuple qui attend éternellement le changement.
Ce retour en arrière du chef de l’opposition camerounaise relance une fois de plus le débat sur la moralité de nos hommes politiques et leur capacité à assurer l’alternance politique au Cameroun. Voilà un homme politique qui demande aux Camerounais, à 23 jours de la clôture des opérations d’inscriptions sur les listes électorales, d’aller s’inscrire massivement sur ces listes après plusieurs mois de campagne contre ces inscriptions ; et sans avoir pratiquement rien obtenu en contrepartie. Le mensonge a de courtes jambes face à un peuple qui n’est plus dupe ; un peuple qui ne sait plus comment gérer la démagogie politique de ses dirigeants.
Edgar Zacharie Yonkeu