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Quelle crédibilité ?
A la lecture de ce décret d’application, quelques remarques pertinentes font ressortir un certain nombre d’inquiétudes quant à l’indépendance d’Elecam dans la gestion du processus du vote des Camerounais de la diaspora. L’article 2 de ce texte indique que c’est le ministre des Relations Extérieures, et non Elections Cameroon, qui arrête en dernier ressort les représentations diplomatiques et les postes consulaires où seront organisées les élections ; après avoir consulté la direction générale des élections et le ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation. Sur quelles bases ou quels critères, ces pays seront-ils retenus ? Tiendra-t-on compte du poids démographique ou du taux de militantisme de ces compatriotes dans les rangs du parti au pouvoir ? De toutes les façons, il y a un gros vide juridique à ce niveau et il faudra s’attendre à toutes les mauvaises surprises lorsque le ministre Henri Eyebe Ayissi publiera cette fameuse liste.
La deuxième chose qu’il faut retenir de ce décret d’application est qu’il ne suffit pas d’être un Camerounais résidant à l’étranger pour accomplir son devoir de citoyen. Il y a des conditions à remplir : avoir un passeport camerounais en cours de validité ; passeport qui donne droit à l’établissement d’une carte consulaire dont le coût oscille entre 5.000 et 10.000 Fcfa. C’est cette carte consulaire qui donne le feu vert pour toute inscription sur une liste électorale. Des missions techniques d’Elecam, trente, se trouve d’ailleurs dans les cinq continents pour distribuer les matériels d’établissement des listes électorales et ceux liés au vote. A 23 jours de la fin des opérations d’inscriptions sur les listes électorales, quel crédit ou du moins quel sérieux faut-il accorder à une telle opération bien partie pour être bâclée pour une première expérience ?
Autre zone d’ingérence, c’est la commission d’inscription sur les listes électorales supervisée par le chef de mission diplomatique qui jouera le rôle de police électorale. Ce sont ces mêmes structures gouvernementales qui seront chargées d’acheminer les procès verbaux au ministère des Relations Extérieures pour transmission à Elecam et à la Commission de Recensement Général des Votes. On peut constater que même à ce niveau, Elecam n’a aucun pouvoir. Et il y a lieu de s’interroger sur la fiabilité des résultats qui sortiront des urnes quand bien même l’opposition dépêchera ses représentants dans les différents bureaux de vote.
Arthur G. Bakande
