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L'argent reçu en 2010 couvre une semaine de frais de reportage dans un quotidien, un mois d'électricité dans une chaîne de télévision et cinq mois de loyer dans une radio à Yaoundé.Pour le compte de l'exercice 2010, le quotidien Le Jour a perçu 1,5 million Fcfa. Haman Mana, son directeur de la publication, affirme que cette somme correspond au payement des frais de reportage et de téléphone à son personnel (une cinquantaine de personnes) pour une semaine seulement. Elle correspond aussi à six mois d'électricité, ou encore à un trimestre de loyer de son siège à Yaoundé. En 2010 notamment, l'aide reçue à permis d'imprimer trois éditions du Jour, à raison de 5000 exemplaires par édition à la Sopecam. L'aide à la presse a donc couvert trois parutions sur les 300 éditions que produit Le Jour à l'année.
Pour sa part, l'hebdomadaire Repères a reçu une enveloppe de 1 million Fcfa. Son directeur de la rédaction, Parfait Siki, explique que ce montant correspond à trois tirages de l'hebdomadaire, à raison de 3000 exemplaires par tirage, à cinq mois de loyer ou à cinq mois de factures d'électricité. Télévision.
Sky One radio à Yaoundé a reçu, en 2010, la somme d'un million Fcfa au titre de l'aide à la presse. Joseph Angoula Angoula, son promoteur, explique que cet argent lui a servi à désintéresser le personnel qui n'est pas salarié. Le reste a fondu dans le fonctionnement quotidien de la radio. Par rapport aux charges de Sky One radio, un million Fcfa représente cinq mois de loyer, à raison de 150 000Fcfa le mois, ou encore cinq mois de factures d'électricité. Elle correspond aussi à la production de 30 éditions de l'émission phare de la radio, sur six semaines. En effet, Joseph Angoula Angoula estime le coût de production de chaque édition de « Surface de vérité », que présente Dominique Tita, de 10h à 12h30, de lundi à vendredi, à 50 000Fcfa.
En général, les directeurs des organes de presse s'accordent à dire que l'aide, par ailleurs ouverte à toutes les entreprises de communication, est insignifiante. D'autant plus que cette année, elle a été revue à la baisse (elle est passée de 150 millions Fcfa à 135 millions Fcfa). «Le montant est si dérisoire que lorsque vous l'avez, cela ne modifie pas votre compte d'exploitation », soutient Parfait Siki. « Je ne compte pas sur cette aide pour faire marcher le Jour », renchérit Haman Mana. Pour Jean-Piere Amougou Belinga, il est d'ailleurs dégradant de parler d'aide. « Nous avons des difficultés financières, mais nous ne sommes pas des nécessiteux », dit-il. Aussi, les responsables des entreprises de presse proposent-ils que l'Etat applique les accords de Florence, s'il veut véritablement aider la presse à remplir sa mission de service public.
© http://stephaniedongmo.blogspot.com/ : Stéphanie Dongmo