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Presse camerounaise: quand les journalistes trahissent les faits

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journaux_camerounaisUne mission de 12 personnels d’Elections Cameroon a quitté le Cameroun, hier 4 août 2011, en vue de prospecter pour l’organisation du vote de la diaspora. Ce, sans que le gouvernement ait pris des textes réglementaires visant ce scrutin.
L’information est rendue publique par l’organe en charge de l’organisation des élections et des référendums au Cameroun lui-même. Les douze personnes mises en mission sont chargées d’engager le processus qui devrait aboutir sur la possibilité des Camerounais de la diaspora de voter à l’occasion de la présidentielle prévue en octobre prochain. D’après une déclaration du directeur général des élections faite le 03 août 2011, cette mission en Europe, en Afrique, en Asie et en Amérique présente deux déclinaisons.

La première, souligne, Mohaman Sani Taminou, consiste à lancer les opérations d’inscription des Camerounais de la diaspora qui jouissent de leur droit de vote sur les listes électorales. Cela se fera à travers la mise sur pied d’un point focal d’Elecam au sein des ambassades et certains consulats du Cameroun à l’étranger. La deuxième déclinaison de cette opération se résume à la mise en place des différentes commissions électorales, notamment celles chargées de l’établissement et de la révision des listes électorales.

Seulement, ces équipes d’Elecam sont mises en mission alors que les textes réglementaires spécifiques prévus par la loi du 13 avril 2011, encadrant l’exercice du droit de vote des Camerounais de la diaspora restent toujours attendus. Puisque, selon les termes de cette loi adoptée récemment par l’Assemblée nationale et promulguée par le président de la République , un règlement spécifique devrait venir en appoint de la loi pour que le projet qu’elle comporte prenne corps. En son article 1, alinéa 3, par exemple, ladite loi stipule que « des bureaux de vote sont créés au niveau des représentations diplomatiques et des postes consulaires, sur proposition du gouvernement », et non d’Elecam.

Or, le gouvernement n’a pas encore décidé expressément des centres consulaires concernés par la prochaine présidentielle. Mieux, en son article 5, la même loi stipule que « des textes réglementaires précisent, en tant que de besoin, les modalités d’application de la présente loi ». Autrement dit, c’est l’exécutif, investi du pouvoir règlementaire qui devrait donner le ton. Ce, en prenant un ensemble de textes qui devraient encadrer le début des opérations à l’étranger. Au sein de la société civile, l’on s’interroge déjà sur les raisons réelles de la mission d’Elecam à l’étranger avant la série de textes attendus. Y va-t-elle uniquement pour répondre aux injonctions du gouvernement qui aurait déjà son idée sur la conduite du scrutin à l’étranger ? Ou tout simplement, se déploie-t-elle pour mettre la pression sur le président de la République qui doit prendre, à temps, les textes réglementaires tant attendus afin de permettre que les Camerounais de la diaspora puissent s’inscrire sur les listes électorales avant le délai légal du 31 août 2011. Seul gage de leur participation à la prochaine élection présidentielle ?

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