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Et compte tenu du devoir d’assistance de la France vis-à-vis de ses concitoyens à l’étranger, Michel Destot demande à Alain Juppé de préciser « pourquoi aucune initiative décisive n’a encore été entreprise en sa faveur depuis 14 ans ainsi que les actions que la France compte mettre en œuvre pour mettre fin à cette situation inacceptable au regard des droits de l’homme ». Reste à savoir si Paris et Yaoundé seront capables de trouver un accord sans se voir accuser de faire obstruction à la justice. Là, on pourrait donc faire valoir l’article 64 du Nouveau Code de procédure pénal qui dit en son alinéa 1 que « le procureur général près une Cour d’appel peut, sur autorisation écrite du ministre en charge de la Justice, requérir par écrit puis oralement, l’arrêt des poursuites pénales à tout stade de la procédure avant l’intervention d’une décision au fond, lorsque ces poursuites sont de nature à compromettre l’intérêt social ou la paix publique ». Ce qui vaut son pesant d’or, ce d’autant plus que la médiation de ce nouveau procès pourrait avoir pour effet de réfréner les effets de l’atteinte encore récente du point d’achèvement de l’initiative Ppte, et contraindre l’Etat du Cameroun à consacrer au paiement de sa dette commerciale vis-à-vis des 11 multinationales ayant contribué financièrement pour le fonctionnement du Copisupr - le Comité de pilotage et de suivi des axes routiers Yaoundé-Kribi et Ayos-Bertoua. Ceci, au détriment de l’investissement engagé dans les secteurs sociaux, entravant ainsi les efforts déjà très pénibles du gouvernement camerounais de relance économique et plus encore d’accession du Cameroun au statut de pays émergent à l’horizon 2035.
Irrésistible
Ce qui veut simplement dire que si ce nouveau procès arrive à terme avec tous les soupçons de condamnation, c’est l’avenir du Cameroun qui sera plombé. Avec ou sans Paul Biya à la magistrature suprême. Il convient de rappeler ici qu’en date du 15 juillet dernier, Alain Juppé, dans sa réponse à un courrier à lui adressé par l’ancien ministre français de la Culture Jack Lang, lui garantissant que « les agents du ministère des Affaires étrangères et européennes, à Paris comme au Cameroun, sont pleinement mobilisés et vigilants quant à la situation de notre compatriote ». Aussi, il lui fait savoir que ceux-ci veillent notamment, dans la limite de leurs compétences, à ce que Michel Thierry Atangana puisse bénéficier da la pleine et entière protection consulaire.
En outre, Alain Juppé indique à Jack Lang qu’une action diplomatique est résolument maintenue, notamment de la part de l’ambassadeur de France au Cameroun, Bruno Gain qui « est très investi sur ce dossier ». A la fin, il l’assure que les services compétents de son département ministériel « demeurent attentifs à l’évolution de la situation de M. Atangana et attachés à parvenir à une issue favorable ».
Au Cameroun, les derniers rebondissements dans cette affaire font croire que le gouvernement camerounais serait en mal. Ce d’autant plus que l’épouse de son co-accusé Titus Edzoa, dans une interview donnée à Radio France internationale le 23 juillet 2011, a dénoncé la connotation politique du nouveau procès fait à son mari et ses mauvaises conditions de détention. Confirmant que la condamnation de son mari était directement liée à sa candidature à la présidentielle en 1997. Selon Me Remi Barousse, ces propos accréditent l’idée d’un projet politique auquel Atangana n’a aucune part et dont il s’est toujours désolidarisé. « Il n’est que la victime d’un jeu de pouvoirs et d’ambitions rivales, auxquels il est étranger. Son action n’a visé, au plus fort de la crise économique des années 90, qu’à vouloir doter le Cameroun d’infrastructures modernes », estime l’avocat français.
La mobilisation en France en faveur de ce citoyen français qui est l’antidote du Pr Titus Edzoa, se développe dans un mouvement qui sera irrésistible. Michel Thierry Atangana n’attend désormais que la vérité éclate, que justice lui soit rendue et que ses droits lui soient rétablis. On verra le 9 août prochain à quoi va ressembler le début de la cross examination.
Jean-Pierre Bitongo
