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La semaine nationale de lutte contre le cancer a été lancée hier à Yaoundé. Synergies africaines organise le 18 février 2010, une journée de mobilisation contre le cancer. Il est question de sensibiliser l’opinion nationale sur la maladie au Cameroun.Les populations rurales sont donc peu informées sur l’évolution de ce mal. Certains n’associent pas toujours l’apparition d’une tumeur et la dégradation de leur état de santé au cancer. Ce qui explique que, pour se soigner, les malades se tournent vers la médecine traditionnelle. D’échecs en échecs, le temps passe. Lorsqu’ils se rendent à l’hôpital, il est souvent trop tard. En cinq ans, le Dr Paul Ndom, secrétaire national du programme national de lutte contre le cancer, reçoit parmi ses malades une majorité de femmes. 80% d’entre eux sont arrivés à des stades si avancés que même les meilleurs traitements n’auraient rien pu faire. Ils étaient déjà condamnés.
Dépistages
Le cancérologue prévoit une forte augmentation des cas de cancer. Il se base notamment sur la hausse du nombre de sidéens qui développeront des tumeurs malignes. Ce qui effraye le plus les Camerounais aujourd’hui, c’est le sida. « Dans les campagnes de prévention, on dit toujours que ’Le sida tue’. C’est une phrase choc qui marque les esprits. Le discours de prévention n’est pas aussi percutant à propos du cancer. Les gens associent donc moins l’idée de mort à cette maladie », analyse Richard, un camerounais de 39 ans. Les années à venir risquent de les ramener à la triste réalité. Des études de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) montrent que d’ici 2015, le cancer sera devenu un véritable fléau comparable à celui du sida. Les chiffres de l’organisation démontrent que 80% des cancers diagnostiqués dans le monde seront localisés dans les pays en voie de développement. La moitié décédera.
Le seul traitement efficace reste la prévention. Une prévention principalement prise en charge par des associations : le gouvernement a reconnu l’ampleur du problème il y a seulement un an, selon le Dr Paul Ndom.
Pour prévenir et dépister la maladie, et donc sauver plus de malades, il a monté Sochimio. Une association qui devrait éviter aux cancéreux d’atteindre le stade terminal et donc de payer des sommes astronomiques pour les traitements. D’autant plus que les aides accordées par le gouvernement sont très rares et ne couvrent pas la totalité des soins. Une implication plus soutenue des autorités est indispensable pour que les Camerounais ne soient pas concernés par les estimations dramatiques de l’OMS
