






![]() | Aujourd'hui | 16 |
![]() | Total | 2295016 |
Les populations de Pk 14 à 17 sont purement et simplement sommées de libérer les lieux. C’est un sentiment d’amertume qui s’est emparé des populations appelées à déguerpir au plus vite pour permettre l’extension de l’université de Douala. D’ailleurs plus les jours s’écoulent, plus le désarroi de ces milliers de familles est perceptible. Le projet de construction de la faculté de Génie civil industriel et celle de Médecine et des sciences pharmaceutiques ne date pas d’aujourd’hui, nous apprend-on sous cape dans les locaux de la préfecture de Douala.
Mais personne de ce côté ne veut s’hasarder à avancer la date butoir consacrée au démarrage effectif de cette opération de déguerpissement. Ce d’autant que le différend qui oppose les populations du site concerné et l’administration est, à l’observation, une montagne russe.
A l’origine...
Selon les informations recueillies auprès de l’Association groupement de défense des intérêts, différends individuels socio-économiques et fonciers des habitants de Pk 14 à 17 (Agrodicedifah), les problèmes de ses populations débutent en effet le 22 décembre 2009, lorsque les forces de l’ordre et les agents préfectoraux débarquent à Pk 14. Sous le regard médusé des riverains, ils apposent des croix de Saint André sur les habitations. L’opération, selon l’annonce faite par la préfecture du Wouri, vise à construire de nouvelles facultés pour l’université de Douala. La superficie devant abriter ses bâtiments serait de 132 hectares. Mais sur le terrain, et c’est là où le bât blesse, les habitations recensées et marquées à la croix de Saint André couvrent une superficie de plus de 300 hectares.
Une situation qui n’a pas manqué de soulever l’indignation des populations concernées qui redoutent une volonté d’expropriation. Ces derniers multiplient d’ailleurs depuis un certain temps, de nombreux mouvements de constations pour disent-ils, « manifester leur désapprobation face à cette cruelle injustice. » Ces riverains estiment qu’on ne saurait les déguerpir là où ils ont passé l’essentiel de leur vie, là où ils ont pour certains, inhumé des parents. A ce jour, près de 140 tombes ont par ailleurs été recensées par voie d’huissier sur le site.
Recours
La situation est d’autant plus préoccupante que les riverains, environ 2000 familles, se disent désabusés. Car, une note signée de la Conservation foncière du Wouri, stipule effectivement que les « populations victimes de l’expropriation sur le terrain convoité par l’Etat, seront indemnisées par l’Université de Douala conformément à la législation en vigueur. » Déboussolée, l’Agrodicedifah par le truchement de son président, Jean-Baptiste Bontstebe, a fait recours à un cabinet d’avocats. C’est ainsi que leur conseil, Me Jules Binyom, a adressé un recours gracieux préalable (demande de surseoir à la décision administrative) au préfet du Wouri, Bernard Okalia Bilaï. Ce conseil a également saisit la Chambre administrative de la Cour suprême. Et à en croire nos sources, la Chambre administrative s’est prononcée le 22 janvier 2010, en demandant de surseoir à la mise en demeure en attendant qu’elle se prononce.
Du côté de la préfecture du Wouri, on pointe également un doigt accusateur sur les populations qui n’auraient pas suffisamment pris des dispositions pour éviter de tomber dans ce piège. Dans la mesure où, le projet de construction des amphithéâtres de l’Université de Douala sur le site querellé existe depuis 1972. « Malheureusement, et c’est ce que nous déplorons, les occupants qui se font appeler des propriétaires terriens, ont continué à morceler des terrains pour les revendre. La plupart des acquéreurs se sont ainsi fait rouler sans s’en rendre compte. Rares sont ceux de ces acheteurs qui possèdent un titre foncier.
