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Bello Bouba Maïgari : Un camouflet de plus

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bello-bouba-maigariLe ministre des Transport essuie depuis quelques temps des coups de sa hiérarchie gouvernementale. En se rendant jeudi dernier au conseil cabinet, Bello Bouba était loin de s’imaginer qu’il terminerait la journée entre plusieurs sentiments.
Alors qu’il avait cru le plus dur réussi, le ministre d’Etat en charge des Transports devait à nouveau exposer les motifs qui l’ont conduit à prendre des mesures interdisant les voyages de nuit. Lorsque le Premier ministre lui coupe l’herbe sous les pieds en annonçant la suspension de sa décision, c’est la mort dans l’âme qu’il est obligé de ranger son exposé, et de se rendre à la réunion qui suit le conseil de cabinet.


Pourtant, il aura fallu plusieurs mois de réunions techniques, de séances de travail, de plaidoyer pour que cette décision, déposée à la primature le 9 mai pour qu’elle soit validée avec la bénédiction du patron de l’immeuble étoile le 23 juin. Après avoir tenu tête aux syndicalistes et autres transporteurs dont le chantage a fini par porter, Bello Bouba est dans ses petits souliers, même si le drame survenu dans la nuit de vendredi à samedi après Bafia, semble lui donner raison.

D’autres répondront que le jour de l’entrée en vigueur de l’interdiction, un accident est survenu à 7 heures à Pouma faisant des morts. Deux jours plus tard, on comptait encore des morts à Edéa vers 9 heures. Ce cas vient rappeler celui de l’Autorité aéronautique où le ministre des Transports fut obligé de revenir sur sa décision, obligé qu’il fut de réhabiliter de Thomas Tankam, directeur général de cette entreprise, suspendu quelques semaines plus tôt par son conseil d’administration. Deux jours après avoir demandé au Dg de ne pas réintégrer son poste, c’est le président de la République qui régla la question en limogeant le président du conseil d’administration (Pca), et en fixant la date d’installation du nouveau Pca le lendemain. Bello Bouba, qui avait menacé d’aviser au cas où le Dg en disgrâce reviendrait aux affaires, sera sommé par sa hiérarchie d’assister à la première séance du conseil qui devait réhabiliter Thomas Tankam, et d’installer le nouveau Pca dans ses fonctions.

Il vécut la même frustration dans la gestion du démarrage des activités de CamairCo, où le ministre des Finances pilota le dossier de bout en bout. Ce dernier s’était risqué à quelques commentaires «sur hautes instructions du président de la République». A quelque chose près, les deux situations se ressemblent et risquent de créer une crise au sommet de l’Etat.
Car, une fois encore, les «hautes instructions du chef de l’Etat» viennent de fragiliser un de ses collaborateurs, donnant ainsi l’impression que sa décision prise pourtant collégialement, n’avait pas été réfléchie, murie, et savamment discutée dans les cercles gouvernementaux. Pour Bello Bouba, c’est un camouflet de plus. Celui qui trahi les peurs du régime en «période sensible». Et le président de l’Undp, membre de la majorité présidentielle, doit à nouveau avaler les couleuvres, en se souvenant de cette réflexion entendue en France : «Un ministre, ça ferme la gueule ou ça démissionne».

PCA
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