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Le Sud-Soudan est officiellement devenu indépendant du Soudan samedi. Le nouveau pays compte 8,5 millions d'habitants. Le risque d'un conflit immédiat avec le Nord semble pour l'instant écarté.
Que se passe-t-il politiquement ?
L'indépendance est effective depuis ce samedi 9 juillet. Le nouveau pays, baptisé simplement République du Sud-Soudan, a pour capitale Juba. Il compte environ 8,5 millions d'habitants.
Comment s'est effectué le partage du pays ?
Sur le plan géographique, le Sud-Soudan représente environ 1/3 du Soudan. Ce partage fait ainsi perdre au Soudan son titre de "plus grand pays d'Afrique", au bénéfice de l'Algérie.
Sur le plan des ressources, l'accord de 2005 entraîne un partage grosso modo à égalité entre le Nord et le Sud des revenus pétroliers tirés des puits situés au Sud (70% environ des réserves pétrolières du pays, évaluées à six milliards de barils, se trouvent en effet au Sud). En théorie, cet arrangement doit être maintenu en raison du contrôle exercé par le Nord sur les infrastructures, tout au moins pour une période de transition durant laquelle la part de Khartoum ira diminuant. Cela laisse craindre des difficultés économiques pour le Nord dans les années à venir.
Y a-t-il des zones contestées ?
Oui. Il s'agit notamment de la région pétrolifère d'Abyeï, à cheval entre le Nord et le Sud. Sans surprise, les deux pays la revendiquent. C'est le contentieux le plus lourd.
Des violences sont-elles à craindre ?
Oui et non. Le Nord, dirigé par Omar el-Béchir (qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationle pour crimes contre l'humanité au Darfour) a affirmé qu'il respecterait la partition. Il participe d'ailleurs ce samedi aux célébrations de l'indépendance du Sud comme invité d'honneur.
Mais des violences ont eu lieu ces dernières semaines après l'occupation par les nordistes de la région d'Abyei, ce qui a poussé 117.000 Sudistes à fuir. Un accord pour démilitariser le secteur et pour y déployer 4.200 Casques bleus éthiopiens a
été conclu le 20 juin. Mais l'avenir du territoire reste incertain.
Deux semaines après l'occupation d'Abyei, le Kordofan-Sud, territoire également frontalier et miné par les divisions ethniques, a été à son tour la proie de violents affrontements entre les forces nordistes et la branche nordiste de la SPLM (Mouvement populaire de libération du Soudan, ex-rebelles sudistes) qui ont fait des centaines de morts. Les combats se poursuivaient par intermittence ces derniers jours.
La situation est-elle calme au Darfour ?
Pas du tout. Alors que la situation au Sud-Soudan a éclipsé celle de cette région rebelle, les problèmes y demeurent. Selon la Cour pénale internationale, "les crimes contre l'humanité et le génocide continuent sans répit". Luis Moreno-Ocampo, le procureur, accuse personnellement Omar el-Béchir d'en être toujours le responsable.
