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Si l’objet de cette visite presque inopinée n’a pas été révélé car classé sous le sceau de Secret
Défense par la partie camerounaise, il convient néanmoins de relever certains faits et gestes qui ne manquent pas d’intriguer les habitués des usages diplomatiques et civilités militaires. D’abord, la surprise quasi-totale des autorités camerounaises ; ensuite l’effervescence observée autour de la gestion de ce dossier.
Mobilisation
En effet, l’avion a été pendant quelques temps encerclé par certains éléments lourdement armés de nos forces de défense en service à l’aéroport de Nsimalem. Les commandants de la légion de gendarmerie du Centre et de la garde présidentielle ont été immédiatement saisis ainsi que quelques officiers généraux de l’armée camerounaise. Dans une démarche quasi hiérarchisée, les hauts responsables de la République, ceux notamment chargés des questions de sécurité ont été rapidement informés. Même le chef de l’Etat, dit-on, suivait attentivement la situation.
L’ordre a été donné aux gendarmes camerounais qui avaient pris position autour de l’avion de se débarrasser de leurs armes du moins, lorsqu’il a été donné de constater que l’avion et son contenu ne représentaient pas une réelle menace pour notre pays. Des 14 occupants de l’avion cargo, 12 se sont déportés à l’ambassade des USA à Yaoundé et deux sont restés assurer la garde de l’appareil suspect. Certains militaires américains qui s’étaient rendus à leur ambassade sont revenus à l’aéroport ; question de s’approvisionner à bord de leur appareil. Ceux-là ont toutefois été soumis à une fouille systématique conduite par des gendarmes camerounais qui n’ont découvert que quelques cannettes de bière dans leurs colis.
Samedi 02 juillet 2011 aux environs de 10 heures, le cargo embarrassant et son équipage ont repris les airs pour une destination gardée secret. Un mois après le survol du palais de l’Unité par un Boeing de Bruxells Airlines transportant près de 300 passagers, voici un autre appareil volant qui vient soumettre les autorités du pays à un exercice de vigilance maximale dans un contexte marqué par un balai diplomatique des plus polémiques au palais d’Etoudi.
Salomon Foé
