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Pour le moins, on a retenu de cet échange avec les journalistes que plus de 10.000 dossiers ont été mis hors course pour différentes irrégularités, avec quelque 280 faux diplômes pour les 35.000 déjà authentifiés. Pour apaiser les esprits, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative laisse entendre que d’autres opportunités sont à saisir par les jeunes à qui près de 13.000 places sont à prendre à travers divers concours.
Mauvais jeu
Dans l’imagerie populaire, ce revirement fait jaser. Avec ce coup de théâtre, les jeunes ne savent plus s’ils doivent continuer à rêver. Sur le gril de Dimanche midi de la Crtv le 3 juillet dernier, le Minfopra reproche aux journalistes d’attirer l’attention de l’opinion sur le non-respect des délais. Alors qu’ils devraient œuvrer pour conserver la sérénité au Cameroun. Comme s’ils ne le faisaient déjà pas assez. Cela procède d’ailleurs de leur travail au quotidien. Personne n’avait obligé Emmanuel Bondé à avancer des dates qui n’allaient pas être respectées. « Pourquoi le ministre Bondé s’est précipité à vouloir nous faire croire que ce recrutement massif n’était pas une fiction, encore moins une action électoraliste ? », s’interrogent des jeunes rencontrés après le point de presse. En mars 2011, quelques jours avant l’ouverture de la période de réception des dossiers, c’est lui qui martelait sur les antennes de la Crtv que c’est autour du 2 mai 2011 que la liste des présélectionnés allait être publiée. Cette interview avait même été reprise dans plusieurs journaux notamment dans Dikalo du vendredi 11 mars 2011. En ce moment-là, Emmanuel Bondé n’a pas levé le petit doigt pour contester ou alors renier cela. Aujourd’hui, il laisse entendre qu’il ne l’avait jamais dit.
Curieux. Or, c’est en ce mois de mai que le Comité technique chargé de l’opération commençait la vérification et l’authentification des pièces constitutives du dossier des quelque 305.574 dossiers reçus. En attendant l’acheminement des dossiers déposés aux représentations diplomatiques camerounaises aux Etats-Unis et en Côte d’Ivoire. Ensuite, le Minfopra faisait savoir que les personnels recrutés devaient être affectés dans les administrations autour du 6 juin 2011. « Et cela devrait marquer le début de l’opération de prise en charge financière », rassurait-il.
Imposture
Au jour d’aujourd’hui, ces délais sont largement dépassés, sans qu’aucune liste ne soit publiée. Et au courant du mois de juin qui vient de s’achever, il déclare que « les listes des admis seront publiées progressivement en fonction des besoins exprimés par les différents départements ministériels ». Ce qui a jeté du doute dans les esprits et inquiété les postulants. Aujourd’hui, décrier ses contradictions, c’est lui intenter un faux procès. Et c’est lui qui enseigne aux journalistes de la Crtv que « la discipline est le début du bonheur ».
Au sein de l’opinion, des langues se délient pour discréditer cette promesse du chef de l’Etat qui, relèvent-elles, « avait été mal pensée ». Indiquant que « le président de la République aurait simplement ordonné l’ouverture de plusieurs concours d’entrée dans la Fonction publique camerounaise. Tout en tenant compte des besoins de chaque département ministériel ». Cela aurait évité cette danse Bafia esquissée par Emmanuel Bondé qui suggère une campagne d’information à travers le Cameroun. « Cette campagne d’information approfondie sur les critères de recrutement des 25.000 jeunes diplômés à la Fonction publique va se déployer à travers à travers le territoire national dans les prochaines semaines, sous l’égide des services du premier ministre », explique-t-il. Dans tous les cas, l’on est face à un dilemme. Il faudra alors convaincre ceux des jeunes qui ne seront pas retenus afin qu’ils comprennent que tout a été fait dans « l’objectivité, la transparence et la prévalence du mérite ». De l’avis d’Emmanuel Bondé, le public doit savoir que les dossiers sont traités. Une chose est sûre, les larmes vont couler.
JEAN-PIERRE BITONGO
