Logone et Chari : Dix milliards pour le bien-être des populations



Les activités du Programme de développement rural intégré du Chari et Logone seront lancées demain par le Minepat. Le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat) entame aujourd’hui une visite de travail dans la région de l’Extrême-Nord. Le programme de Louis Paul Motaze qui va passer quatre jours dans l’Extrême-Nord est fort chargé.
A son arrivée aujourd’hui à Maroua, il va immédiatement mettre le cap sur la ville de Mokolo où il va visiter outre les bureaux et installations de la Mission de Développement Intégré des Monts Mandaras (MIDIMA), le site d’électrification rurale de Bao Tassai. Mais la principale articulation de ce périple du Minepat sera certainement le lancement officiel et l’installation demain à Kousseri des responsables du Programme de Développement rural intégré du Chari Logone (PDRI-CL).
Ce programme qui pèse dix milliards de francs libérés par la Banque islamique du Développement et par le Fonds de l’OPEP a pour ambition de « contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire, à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration des conditions de vie des populations du département du Logone et Chari et celles des arrondissements de Maga et de Kai Kai dans le Mayo-Danay ». Il est mis dans le pipe depuis 1995 par la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) dans le cadre du développement transfrontalier interbassin des fleuves Chari (Tchad) et Logone(Cameroun). Selon ses termes de référence, le projet vise à terme, « la mise en valeur des potentialités des deux bassins et le renforcement de la dynamique transfrontalière ». L’objectif qui sous-tend cette politique est de financer un projet national dans chacun des deux pays dans une même approche.
Dans sa première phase qui va de janvier 2010 à décembre 2015, le PDRI- CL va s’atteler à améliorer de façon durable la productivité et les productions végétales, animales et halieutiques et favoriser la participation des populations bénéficiaires au développement de leurs communautés et d’en tirer les avantages. Dans sa phase opérationnelle, le programme se décline en cinq grandes composantes (travaux de génie civil, appui au développement, développement durable, gestion des ressources naturelles, études et supervision des travaux).
Le PDRI-CL est l’un des projets majeurs à être lancés dans la zone septentrionale et qui a pour ambition de contribuer à la réduction significative de la pauvreté dans cette partie du pays. A une date récente, d’autres projets ont été expérimentés ici avec des résultats mitigés. Le Projet de Réduction de la Pauvreté et Actions en faveur des Femmes dans la province de l’Extrême-Nord (PREPAFEN) dont le montant des financements s’élevait à 14 milliards s’était donné pour objectif l’augmentation des revenus et l’amélioration du cadre de vie des groupes vulnérables prioritairement des femmes dans l’Extrême-Nord. A la clôture de ses activités en décembre 2007, le Prepafen a eu un taux de réalisation de 73,53%.
Quant au Programme d’Amélioration du Revenu Familial rural dans les provinces septentrionales (PARFAR) dont les activités bénéficient des financements de la Banque africaine du Développement (BAD) et du gouvernement camerounais, il vise à promouvoir la sécurité alimentaire des ménages et à améliorer, par la promotion des activités d’auto développement, la situation socio-économique des populations rurales pauvres, en particulier les femmes des régions septentrionales du Cameroun (Adamaoua, Nord et Extrême-Nord). Le retard dans le paiement des fonds de contrepartie, et dans l’obtention de la non objection de la BAD ont retardé la réalisation des projets retenus. Initialement prévue pour juin 2009, la fin des activités de ce programme ont été prorogées jusqu’en juin 2010