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Barrage de Lom Pangar : Le gouvernement met la pression sur Cotco

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essimiIl est désormais demandé à cette entreprise de co-financer le déplacement du pipeline Tchad-Cameroun sur le site du barrage. «Jusqu’à demain 12h [c'est-à-dire ce midi]».
Ce sont les heure et date butoirs que le ministre des Finances a prescrit hier soir aux responsables de son département ministériel, de la Société nationale des hydrocarbures (Snh) et de la Cameroon Transportation Oil Corporation (Cotco), pour s’entendre sur les termes du protocole d’accord devant régir le financement du déplacement de la partie du pipeline Tchad-Cameroun qui se trouve sur le site devant abriter le barrage de Lom Pangar, dont les travaux devraient démarrer ce mois-ci.

Et comme pour indiquer la détermination du gouvernement de voir cet accord de financement d’environ 45 milliards de Fcfa être signé ce mercredi, 6 juillet 2011 à midi, le ministre Essimi Menyé a fait remarquer aux différentes parties que l’hôtel dans lequel se déroulent les négociations engagées depuis 3 ans, comportent assez de chambres pour que tout le monde y passe la nuit, si le besoin s’imposait.


C’est que, après avoir dans un premier temps décidé de financer le déplacement de la partie du pipeline qui traverse le site du barrage de Lom Pangar, le gouvernement camerounais vient de revoir ses intentions : désormais, Cotco, entreprise mandataire du consortium américain qui a construit le pipeline Tchad-Cameroun et dans laquelle l’Etat du Cameroun est actionnaire, doit contribuer à la cagnotte nécessaire pour le financement du déplacement de l’oléoduc sur le site du futur barrage. Motif pris de ce que, a rappelé Essimi Menyé, toutes les études menées avant la construction du pipeline Tchad-Cameroun indiquaient clairement qu’un barrage sera construit sur le tracé de cet oléoduc. Mais, «au moment de construire le pipeline, cela n’a plus été pris en compte», a précisé le ministre des Finances, qui a d’ailleurs promis d’annexer tous ces documents au protocole d’accord en négociation.
Cette exigence gouvernementale de ne plus supporter tout seul l’enveloppe nécessaire au déplacement du pipeline, a-t-on appris hier, constitue le principal point d’achoppement des négociations entre Cotco et la partie camerounaise (Minfi et Snh). De ce point de vue, le Minfi a rappelé que «Cotco n’est pas le partenaire de l’Etat du Cameroun dans ce projet. Ce sont les actionnaires de Cotco qui sont les partenaires de l’Etat. Nous discutons avec Cotco en tant que mandataire de ces actionnaires (…) Le gouvernement ne peut pas être conditionné par des gens qui viennent tout prendre chez nous sans nous laisser quelque chose», a déclaré le ministre Essimi. Fermement.

Contre expertise
Autre exigence de la partie camerounaise qui devrait ne pas plaire à Cotco : l’évaluation du coût des travaux doit se faire en euro et non en dollar (Cotco est le mandataire d’un consortium américain dont les transactions sont faites en dollar), a précisé le ministre des Finances. Avant d’explique que «cela va nous éviter le piège du change». Enfin, selon le propos du Minfi hier, le gouvernement n’est pas d’accord avec la disposition du projet de protocole d’accord qui impose à l’Etat de mettre à disposition les financements dès la signature de la convention. Selon Essimi Menyé, les décaissements ne seront faits qu’après évaluation et confirmation des besoins par un ingénieur indépendant, pour «nous rassurer que nous payons le vrai prix».

A travers cette précaution, le ministre des Finances veut certainement éviter ce qui est arrivé lors du retrait de Mobil Oil du marché de la distribution des produits pétroliers au Cameroun, au profit d’Oilybia.

En effet, au moment de céder ses actifs, avait soufflé Essimi Menyé en marge d’une conférence de presse, les responsables de Mobil Oil avaient surévalué des actifs à céder à l’Etat du Cameroun à travers de la Snh. Il avait fallu une contre expertise de la partie camerounaise pour découvrir la tentative de supercherie, ce qui avait permis de gagner des centaines de millions de Fcfa.

Malgré les tractations entre le gouvernement et Cotco sur lesquelles planent un risque d’impasse, Essimi Menyé affirme que les travaux de construction du barrage de Lom Pangar ne seront pas retardés. «Il n’y aura pas de retard dans le projet. Une somme d’argent est déjà disponible à la Beac pour le lancement des travaux de construction du barrage de Lom Pangar et l’adaptation du pipeline. Nous voulons simplement que [sur ce dernier volet, ndlr] Cotco s’engage à nous rembourser», a précisé le ministre des Finances.

Brice R. Mbodiam
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