Affaire Njambe : Le président de SOS dialogue demande pardon à la veuve


Madame veuve Biheng estime que entre 2004 et 2011, six millions Fcfa ont été frauduleusement prélevés dans le compte de son époux. Les choses sont allées très vite depuis l’interpellation de Moïse Albert Njambe de ce mercredi 29 juin 2011.
Conduit dans la matinée dans les locaux du Gso qui l’a appréhendé, le président de SOS dialogue a été transféré la même soirée à la Direction régionale de la police judiciaire (Drpj) du Centre où une plainte contre inconnue avait été déposée une semaine plus tôt et une enquête diligentée.
C’est donc en toute logique que la veuve Biheng, la plaignante, a été entendue hier, jeudi 30 juin 2011 par les enquêteurs de la Drpj du Centre.
Dans sa déposition, madame veuve Biheng a évalué le moment de la somme prélevée dans son compte de 2004 à 2011 à 6 millions Fcfa. Pour la veuve, elle abandonnerait toute poursuite si cet argent lui était restitué. D’autant plus que, à l’entame de cette déposition, Moïse Njambe a exprimé tous ses remords en se confondant en excuses à l’endroit de sa mère adoptive : «maman, ne me laisses pas aller en prison !». Réponse de la veuve: «Ce n’est pas moi qui t’envoie en prison, ce sont tes méfaits».
Approchée par Mutations, madame veuve Biheng confie que Njambe est le neveu de son défunt époux à elle confiée à l’âge de 2 ans. Très aimé de son oncle, il a bénéficié de toutes ses largesses. Il s’occupe de la famille au retour du Canada où il poursuivait ses études. Lorsque son oncle tombe malade en 2004, il s’en prend à sa mère qu’il fait enfermer sous le fallacieux prétexte que c’est elle qui serait à l’origine de la maladie de son époux qu’elle chercherait à éliminer, histoire de profiter de sa pension. Par ailleurs, explique la veuve, Njambe s’en prend à tout le monde même à ses petits frères qu’il enferme pour l’avoir reproché de ne rien faire pour les aider à trouver du travail.
Interrogée sur la prétendue procuration donnée par M. Biheng de son vivant à Njambe et qui lui donne accès au compte, madame veuve Biheng est catégorique : «personne, ni moi, ni du vivant de mon époux, n’a jamais donné une quelconque procuration à Njambe pour toucher de l’argent. D’ailleurs, depuis la mort de mon mari, il ne s’est plus jamais occupé de moi. C’est un enfant que mon époux a renié et même maudit à l’article de sa mort. Il a demandé à tous les enfants de se méfier de Njambe parce qu’il ne se reconnaissait plus en cet enfant qu’il a pourtant élevé. Raison pour laquelle il lui a remis tous se diplômes et son acte de naissance qu’il gardait.
Ingratitude
«Par ailleurs, Njambe a déposé plusieurs plaintes contre moi aujourd’hui. Huit citations directes sont en instances devant les tribunaux. Il m’accuse, notamment d’avoir vendu les os de mon défunt mari pour me faire de l’argent. Dans son ingratitude, il a repris tout ce qu’il a donné à ses frères et à tout le village. Il s’agit notamment des motos et du forage qu’il a démantelé. Cette adduction d’eau qui a été initiée par mon époux et qu’il a simplement amélioré. Malgré les injonctions de la justice allant dans le sens de la réhabilitation de ce forage, Njambe n’a pas cru devoir s’exécuter.
«C’est depuis 2004, année à laquelle mon mari tombe malade, que Njambe a commencé à toucher la pension de mon époux sans rétrocéder. Il prétextera qu’il soignait mon mari avec cet argent.
A la mort de mon époux le 26 février 2009, je me suis attelée à obtenir le jugement d’hérédité devant me permettre, en ma qualité d’usufruitière, de bénéficier de la pension de mon époux. Je n’ai jamais imaginé que Njambe pouvait toucher à cet argent. C’est lorsque que j’obtiens ce jugement que je découvre le pot aux roses. «Je demande tout simplement, aujourd’hui, que Njambe me rembourse tout ce qu’il a volé. Je n’ai aucune rancune contre cet enfant que j’ai élevé. Ce sont ses méfaits qui le conduiront en prison et non moi. Si ça ne dépendait que de moi, je demanderais qu’on le laisse après avoir remboursé ce qu’il a pris dans le compte de mon époux.
«Je me demande si cet enfant n’est pas victime de la malédiction de son père, mon feu mari. Avant sa mort il a tenu ces propos : «que Moïse Njambe soit à jamais maudit ; qu’il soit chassé de la famille Biheng et de la communauté Log Baning et qu’il n’assiste pas et ne prenne aucune part à ses obsèques».
Evariste Menounga