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Le Rdpc a-t-il encore la légitimité de diriger le Cameroun ?

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Jean-Marie-MoukamDepuis bientôt trente ans, le Cameroun est plongé dans un tunnel de crises économiques dont le bout sans cesse annoncé par la gérontocratie au pouvoir, n’a jamais été atteint.
Au contraire, le taux de chômage est allé croissant (4 millions de chômeurs), le nombre de pauvres et les défaillances des élites au pouvoir sont si élevées qu’il semble indiquer de s’interroger sur les voies et moyens de sortir le Cameroun de cette dynamique régressive dans laquelle le renouveau national l’a durablement installé depuis 1982.

Voici quelques exemples qui illustrent notre propos :

De 1983 à 1993, 546 milliards de FCFA ont emprunté des sentiers non conformes aux circuits comptables normaux. De l’argent liquide transporté dans des bagages à destination de la France, mais également à destinations d’autres pays occidentaux, pour des montants restés indéterminés.

Entre 1988 et 1993, 115 milliards de FCFA se sont évaporés des caisses de la SNH sur laquelle Paul Biya continue d’exercer un monopole absolu.

Le journal le Monde du 17 Août 2000,reportait en effet que , de 1992 à 1998, Monsieur RAYMOND BERNARD et son CIRCES ( centre international de recherche culturelles et spirituelles) qui est une organisation de la rose croix, ont reçu du Président Camerounais 60 millions de FCFA en règlement des « conseils » prodigués à Paul Biya, 500 millions de FCFA pour l’achat d’un tableau pour le compte de « l’homme lion »,560 millions de FCFA sous forme de dons au CIRCES, 200 millions de FCFA versés au CIRCES par la SNH ,4 milliards de FCFA offert à cette secte par Paul Biya lui-même sans aucun justificatif.
Selon les chiffres du Ministère du contrôle supérieur de l’Etat, entre 1998 et 2004, plus de 2000 milliards de FCFA ont pris la direction des paradis fiscaux.

Le renouveau national a ainsi réussi l’exploit tristement célèbre d’hisser notre pays en tête du hit parade des pays les plus corrompus au monde. Peloton de tête dans lequel le Cameroun est resté assidu depuis plus de 10 ans.

Par ailleurs, le régime de Paul Biya a réussi la performance rarissime, de construire une classe de fonctionnaire aussi riches que des hommes d’affaires ou des stars du ballon rond alors que la majeure partie de la population croupit dans la misère absolue.

En conséquence, ce qui unit les camerounais après plus d’un quart de siècle de gestion du renouveau national, c’est leur condition de servitude sous un pouvoir vénal, voleur, et prédateur.

Le Cameroun a besoin aujourd’hui d’un nouveau leadership, d’un nouveau cap, une nouvelle vision, une nouvelle attitude.

L’honnêteté et l’impartialité de l’Etat sont à nos yeux des valeurs absolues. La meilleure gestion de nos finances publiques est à la fois un impératif moral et financier. La démarche de tout nouveau candidat à la présidentielle d’octobre prochain doit concilier trois objectifs : Engager les réformes dont notre pays a besoin, baisser les impôts, réduire la dette et le déficit public.

Pour cela, la réforme de notre économie est un impératif catégorique. Il faut commencer par relancer la croissance en procédant aux réformes structurelles , stimuler la création d’entreprises, renforcer l’investissement et la recherche, remédier à la sous-qualification, développer la formation professionnelle, soutenir les PME en leur facilitant l’accès au crédit, renforcer l’efficacité de la dépense publique, sécuriser le parcours des jeunes créateurs d’entreprises en mettant sur pied un mécanisme de cautionnement mutuel pour ceux qui garantissent les emprunts de leurs entreprises avec leur patrimoine privé.

Le chômage de masse construit par le renouveau national depuis 29 ans n’a pas seulement fragilisé notre société et notre économie. Il a simplement dévalorisé le travail .Notre pays est l’un des moins productifs en Afrique or le travail est une condition de la liberté et de la dignité. C’est le moteur de la promotion sociale, de la croissance .Il faut donc réhabiliter le travail, et au-delà, le mérite et l’effort.

Il n’ya république que s’il ya égalité et il n’ya d’engagement politique noble et digne de ce nom que si celle-ci est contrainte par la recherche de la justice sociale. Le renouveau national l’a royalement ignoré pendant 29 ans et a obtenu des résultats complètement à l’envers de la rigueur, de la moralisation et du libéralisme communautaire qu’il nous avait présenté comme feuille de route dès 1982.
Inverser cette tendance exige tant de passer d’une simple alternance au pouvoir à une alternative politique crédible que de trouver un homme et un programme qui le peuvent après le renouveau national.

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