revue de presse
sport
podcasts
staff

Newsletter




HitRadio sur Skype

Skype hitfmradio

Stat. des visites

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
mod_vvisit_counterAujourd'hui32
mod_vvisit_counterTotal2295032

Société Africaine des Nouvelle Technologies
CAIC - FADIL GROUPE

Eligibilité de Paul Biya à la Présidentielle de 2011 : Dura Lex, Sed Lex

PDFImprimer

Palais_Etoudi0On peut dire que débat sur l’éligibilité ou l’inéligibilité du président Biya est anticipé parce que M. Biya n’a pas encore fait acte de candidature à la présidentielle programmée en principe cette année.
C’est un débat qui peut d’ailleurs ne jamais avoir lieu si M. Biya décidait finalement de ne pas demander les suffrages des Camerounais parce qu’il est visiblement fatigué vu son âge avancé, ou simplement parce qu’il est plus légaliste que ses courtisans.

 

 

Argumenter que M. Biya serait plus légaliste que ses nombreux courtisans (ses « Beh moussinga » en Duala = ceux dont l’existence administrative et professionnelle dépend de lui) en ne se présentant pas à la prochaine présidentielle c’est soutenir implicitement que la constitution camerounaise est explicitement contre la candidature du président Biya. Cette contribution, à verser au débat anticipé sur la candidature de Paul Biya, revisite les arguments qui militent contre la candidature de M. Biya et signale le seul recourt possible qui est à la portée de ce dernier.

 

 

La non-rétroactivité de la loi. Le préambule de la Constitution camerounaise qui fait partie intégrante de celle-ci est on ne peut plus claire sur le principe de non-rétroactivité de la loi : « la loi ne peut pas avoir d’effet rétroactif ». L’alinéa 2 de l’article 6 de la constitution de 1996 stipule que « le Président de la République est élu pour un mandat de sept (7) ans renouvelable une fois ». Le président Biya a été réélu en 2004 sur la base de cette exigence constitutionnelle ; son mandat prend par conséquent fin en 2011.

 

La révision constitutionnelle d’avril 2008 modifiant la longueur du mandat présidentiel (de 7 à 5 ans) et enlevant le verrou de la limitation des mandats ne devrait pas s’appliquer au président Biya parce qu’il fut élu sur la base de la loi de 1996, ceci simplement parce que la constitution du Cameroun stipule sans équivoque que la loi ne peut pas avoir d’effet rétroactif. M. Biya ne devrait donc pas bénéficier de la lever du verrou de la limitation des mandats présidentiels inscrit dans la loi d’avril 2008. On ne peut pas valablement argumenter que loi de 2008 a abrogé celle de 1996 puisqu’elle n’en n’a pas éliminé les effets.

 

 

Si la volonté des législateurs du parti au pouvoir étaient la réélection à perpétuité de leur président, ils auraient du, en révisant la constitution en 2008, ajouter une clause de survie de la loi de 1996 comme le souhaitait le député RDPC Roger Nkodo Dang lors des débats. Ils auraient du préciser que le nouvel article 6 alinéa 2 s’applique au président en fonction, M. Biya. S’ils ne l’ont pas fait on peut spéculer en disant que c’est peut-être parce que les plus malins et ambitieux d’entre eux savaient que le président Biya serait exclu du scrutin de 2011 sur la base du principe de non-rétroactivité de la loi camerounaise. Dure est la loi, mais c’est la loi. Et la loi fondamentale camerounaise met hors jeu le président Biya en 2011 parce que, dans un Etat de droit, la loi s’applique aveuglément, elle n’est pas taillée à la mesure d’un individu.

L’anticonstitutionnalité de la révision d’avril 2008.

L’article 64 de la constitution de 1996 stipule clairement que « aucune procédure de révision ne peut être connue si elle porte atteinte à la forme républicaine, si elle porte atteinte à l’intégrité de l’Etat et aux principes démocratiques qui régissent la République ».  La modification constitutionnelle d’avril 2008 est grossièrement anticonstitutionnelle parce qu’elle viole l’article 64 de la constitution de 1996. Une grave atteinte a en effet été portée aux principes démocratiques « avancés et apaisés » qui régissent la République camerounaise du Renouveau. La limitation des mandats présidentiels en démocratie de type présidentialiste est une exigence fondamentale. La levée du verrou de la limitation des mandats en démocratie de type présidentialiste est totalement antidémocratique. Il est un peu surprenant qu’aucun juriste camerounais n’a sauté sur l’occasion pour attaquer au tribunal la constitutionalité de la révision de 2008. C’est peut-être un élément à verser dans le dossier de la bataille juridique qui suivra la candidature du président Biya si celle-ci venait à se manifester.

 

 

On est obligé de faire ici un peu de politique comparée pour donner un plus de force l’argument du paragraphe précédant et surtout attirer l’attention des défenseurs de la candidature de Paul Biya sur leur compréhension approximative du droit électoral comparé. Les étudiants et chercheurs en démocratie sont unanimes : pour être considéré démocratique, tout régime présidentiel doit observer la limitation des mandats. Les cas les plus conformes à ce principe théorique et pratique de la démocratie qui sont connus et/ou proches du Cameroun sont : les USA, la France (semi présidentiel), l’Afrique du Sud, le Mali, le Ghana. Au Brésil le président Lula a fait deux mandats de 4 ans et ne s’est pas représenté alors qu’il avait une popularité record parce que la constitution brésilienne ne le permet pas. Dans d’autres pays d’Amérique Latine comme l’Equateur, la Bolivie ou l’Argentine, la limitation des mandats présidentiels est constitutionnelle et appliquée à la lettre.

 

 

Les mêmes étudiants et chercheurs en démocratie sont encore unanimes pour affirmer que tous les pays qui ont procédé à la levée de la limitation des mandats présidentiels sont considérés comme des dictatures. A part le Venezuela ou Chavez a fait lever par voie référendaire le verrou de la limitation des mandats présidentiels en 2009, c’est surtout en Afrique qu’on retrouve cette espèce de régime politique bizarre qui est en réalité plus ou moins en voie de disparition : l’Algérie, le Burkina Faso, le Gabon, le Tchad, le Togo, la Tunisie, etc (consulter le classement de Freedom House pour plus de précisions : www.freedomhouse.com). A cette liste on peut ajouter le  Cameroun depuis le 14 avril 2008 puisque la modification de la constitution permet la présidence à vie. Et en 2011 si la candidature de M. Biya était présentée et validée notre pays fera alors officiellement son entrée dans la liste des dictatures avancées, celles qui finissent dans le chaos et ses représentants à la CPI et leurs comptes bancaires en Occident gelés.

Un Paul Yao N’dre pour valider la candidature de M. Biya.

Il faut pourtant reconnaitre, par souci d’honnêteté académique, que ceux qui défendront éventuellement la candidature de M. Biya à la présidentielle de 2011 devant la Cour Suprême peuvent pourtant avoir recourt à un argument plus ou moins de taille : l’intention du législateur en modifiant la loi fondamentale en 2008. Ils n’auront certainement pas beaucoup d’effort à faire pour convaincre les juges de la Cour Suprême que l’intention de la modification de 2008 était de permettre au président en fonction en 2008 de se présenter à l’élection de 2011. Juridiquement, cette ligne de défense est valable ; mais elle est cependant politiquement et démocratiquement indéfendable parce que naviguant à contre-courant des aspirations des Camerounais et de l’histoire mondiale contemporaine.

 

© Correspondance de : Narcisse Tiky, University of Connecticut, USA
Commentaires (0)Add Comment

Ecrivez un commentaire
Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur

security code
Entrez les caractères affichés


busy
Ecoutez la Radio!

SONDAGE

Sanction d'Eto'o par la Fecafoot.Quel commentaire!



 

NOTRE STAFF

  • NOTRE STAFF
  • NOTRE STAFF
  • NOTRE STAFF
  • NOTRE STAFF
  • NOTRE STAFF
  • NOTRE STAFF
  • NOTRE STAFF
  • NOTRE STAFF
  • NOTRE STAFF
  • NOTRE STAFF
  • NOTRE STAFF
  • NOTRE STAFF
  • NOTRE STAFF

Publicité

Météo

Entrez une ville:  

Restez connecté