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Enseignement supérieur : Hautes tensions à l’université de Douala

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essecLes cruciaux retards enregistrés dans la formation et dans le respect des programmes durant cette année académique exaspèrent les étudiants. Ils menacent de boycotter les examens et de semer une confusion sans précédent. La quiétude apparente affichée par l’institution académique durant la récente fête de la jeunesse semble ne guère contraster avec les nombreuses velléités revendicationelles des étudiants qui se profilent tout bas menaçant par ricochet d’exploser au grand jour si aucun changement n’y est apporté.

En effet, d’après les étudiants contrariés, réunis au sein d’un collectif pour faire valoir les droits d’étudiants, les programmes académiques sont entachés de nombreux heurts et l’attitude je-m’en-foutiste des administrateurs est loin d’arranger les choses. D’après leurs multiples plaintes, la période des examens fixée du 13 février au 20 mars est disproportionnée et sans objet dans la mesure où les programmes académiques accusent de cruciaux retards.

Griefs

Dans certaines filières notamment en Faculté de Sciences Economiques et de Gestion, certains cours n’ont pas encore débuté tandis que d’autres ne sont qu’à la première ou à la deuxième séance. Pour ce qui est des Travaux Pratiques dans l’ensemble des facultés, au-delà de leur utilité dans la formation de l’étudiant, 70% d’entre eux n’ont pas démarré ou alors viennent de commencer. Un retard quasi régulier et désormais routinier au fil des années mais qui semble, au regard des étudiants, avoir atteint son point culminant cette année. « Alors qu’on parle de mise en place de LMD, les boutades administratives vont plutôt croissantes. Le système académique mis en place par les responsables de cette université est tellement lacunaire que nous sommes toujours en arrière par rapport aux autres universités du Cameroun. Comment ne voulez vous pas qu’on paie les frais d’une organisation aussi désordonnée durant les concours administratifs qui nous opposent aux autres étudiants des autres institutions académiques. En tout cas, leur attitude montre qu’ils s’en fichent dans la mesure où leurs enfants sont dans des universités européennes, loin d’un système défectueux qu’ils contribuent pourtant à alimenter ». Explique avec désarroi l’un des grévistes.

Formations inadaptées

La goutte d’eau qui déborde le vase provient du fait que, ces multiples déficiences systémiques remarquées n’épargnent guère les filières professionnelles. Alors que les étudiants de ces filières paient le triple du montant des droits universitaires propres aux filières dites normales et qu’on annonce même une future augmentation, le constat est amer. En plus des effectifs pléthoriques, la formation laisse crucialement à désirer tant au niveau de la quintessence des enseignements, qu’également au niveau du respect des programmes.

Or, on se souvient que le doyen de cette faculté, pour justifier la flambée des coûts de formation, indiquait que la rigueur et la qualité de la formation qui émanait des filières professionnelles, justifiaient valablement une augmentation de la pension. Cependant, au vu de la réalité qui prévaut, de la proximité des examens par rapport d’abord à l’avancée des cours, aux objectifs des programmes et ensuite au respect des TP, il existe un grand fossé.

Un fossé que reconnaissent malheureusement tous les étudiants concernés. Alléché au départ par les prix de formation proposés très en deçà des coûts observés dans les écoles universitaires professionnelles privées, aujourd’hui l’heure semble être au regret. Selon l’un d’entre eux : « s’il y avait moyen de revenir en arrière, je ne perdrais pas mon temps à l’université. Encore mieux dépenser de l’argent pour une réelle formation. Le moins cher est devenu plus cher.»

Black-out

Face à l’ampleur de la tension, les responsables de l’institution dans leur majorité refusent de se prononcer sur la question devant les médias. Toutefois, pour ceux qui sont parvenus à briser le silence tout en préférant garder l’anonymat, beaucoup reste à faire en matière d’organisation académique et de respect de la programmation au sein de l’université de Douala. Néanmoins, pour ce qui est de l’idée d’une éventuelle grève, ces derniers pensent de manière commune qu’il ne s’agit que de quelques étudiants facétieux qui voudraient semer le trouble. « Nous rencontrons ce problème chaque année à l’approche des examens, mais finalement la raison prend le dessus dans la tête des étudiants et nous n’enregistrons aucune grève. Cette année, nous savons que les étudiants pour la plupart sérieux, ne se laisseront pas embobiner par ceux qui ont mal préparé leurs examens du premier semestre et que tout se déroulera normalement ».

A cet effet, en vue de voir des améliorations efficientes et également des solutions conséquentes être apportées pour palier à ces énormes déficits systémiques, les étudiants déclarent à défaut d’avoir obtenu des rencontres de visu, avoir multiplié depuis la semaine dernière des missives à l’administration pour être pris au sérieux. Toutefois, face à l’apathie et à la sérénité des dirigeants, ces derniers envisagent de passer à la vitesse supérieure si rien n’est fait à la date butoir fixée au lundi 13 février.

En attendant de connaître la suite de l’affaire, les rencontres entre étudiants en vue de rallier un grand nombre à la cause, se multiplie. Cette procédure qui est loin de calmer la situation augure un bras de fer dont l’issue sera connue dans les prochains jours…

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