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A la veille de l’élection présidentielle au Cameroun, ils essaient de se frayer un électorat sur le réseau Internet. Barack Obama doit une fière chandelle à l’outil Internet.
Il est prouvé que le 44ème président des Etats-Unis doit, en grande partie, sa victoire du 04 novembre 2008 aux nombreux sympathisants qu’il s’est fait sur les réseaux sociaux, notamment sur facebook et twitter. D’ailleurs, pour l’échéance de 2012, le chef de l’exécutif américain a déjà mobilisé pas moins de 21.715.037 fans sur sa page facebook. Dès lors, son exploitation de l’outil Internet inspire plus d’un homme politique à travers le monde.
Au Cameroun, les candidats à la course pour la présidence de la République s’essaient eux aussi à capter l’attention sur la toile. Quelques-uns disposent d’un site Internet entièrement dédié à leurs activités. La plupart se retrouvent sur les réseaux sociaux, principale plateforme des jeunes qui, selon les résultats du dernier recensement publiés en mars 2010, constituent la moitié de la population du pays. Au final, les candidats à la course à la présidence du Cameroun recherchent une visibilité. Mais la démarche n’est pas sans entraîner quelques maladresses.
N’allez surtout pas chercher Paul Biya sur facebook, ni sur twitter. Toutefois, le président camerounais dispose de volontaires qui se soucient, à tout le moins, de lui dégoter des voix auprès de l’électorat jeune. Un certain Epee Ewana Madiba a, par exemple, créé un groupe baptisé «Soutien à son excellence Paul Biya». «En reconnaissant que Paul Biya est un homme comme tous les autres, avec ses qualités et ses défauts, ses forces et ses faiblesses, nous nous proposons en tant que Camerounais, de lui apporter notre soutien dans l'accomplissement des ses responsabilités vis-à-vis du peuple camerounais», explique-t-il. Pour l’heure, ledit soutien se résume à quelque 128 membres au compteur. Bien loin des 4995 amis que recense la page facebook de Kah Walla, candidate du Cameroon People’s Party.
L’auteur du slogan “The time is now, so dare to invent your future”, par ailleurs directrice de Stratégies, cabinet international de conseil en management et marketing, tient visiblement le haut de l’affiche des communicants présidentiables.
Kah Walla, 46 ans, compte une dizaine de pages sur facebook parmi lesquelles «Amis de Kah Walla (présidente)», «Kah Walla national fan page», entre autres. La politicienne a par ailleurs un site Internet en construction, www.kahwalla.com. Elle donnerait aisément des cours à John Fru Ndi (Social democratic Front) qui compte néanmoins 1116 amis sur sa page officielle sur facebook. Sur laquelle on apprend, en guise d’informations générales, qu'il veut une égalité de droit et de justice pour tous les Camerounais. Il veut la paix et veut que Dieu le guide («I want equal right and justice for all Cameroonians. I want peace, and i need God to guide me”.
Mboua Massock n’est pas en reste. Le bien connu nationaliste et candidat de la Nouvelle dynamique nationaliste (Nodyna) a sa page sur facebook. Sur les motivations de pareille initiative, il soutient que «rien n’est négligeable, tout est important». Il révèle que c’est l’un de ses fils qui entretient ladite page, et c’est grâce à ce dévouement qu’il a pu engranger ses quelque 767 amis. L'avis de Mboua Massock communique un certain suivisme qui ne prend pas en compte l'échelonnement des espaces pertinents de communication, les habitudes des consommateurs.
«En réalité, le net représente une plateforme plus d'évasion et de communication distractive que d'informations ou d'exercices de réflexion. Je suis convaincu que le problème réside moins dans la disponibilité du net que sur les buts de son usage», explique Christian Ngui, internaute et publicitaire. Il reste que cet outil est la chose la moins bien partagée par les potentiels futurs présidents du Cameroun.
Suivisme
Hormis son espace baptisé «le blog des progressistes», Jean Jacques Ekindi, «le chasseur de lion», a aussi son mot sur la page facebook. «Je suis un vieux Monsieur. J'ai passé l'essentiel de ma vie au Cameroun à expliquer aux dirigeants politiques que le Cameroun peut et doit progresser dans tous les domaines. Cela m'a valu des montagnes de tracasseries. Quand elles sont mises en rapport avec la vie professionnelle rangée que j'aurais pu mener en Occident, ou avec la vie que j'aurais pu mener en me rangeant du coté du pouvoir. Mais j'ai des convictions et une vision que je partage notamment ici sur facebook», précise-t-il à l’endroit des jeunes. Esther Dang, ex-directrice générale de la Société nationale d’investissement (Sni), ou encore Vincent Fouda de Génération 2011, sont tout aussi présents sur la toile.
La première à travers un blog, où elle annonce d’ailleurs une conférence de presse le 26 juin prochain à l’hôtel Hilton de Yaoundé, à 14H30, «en vue de présenter son programme de société aux médias et au peuple camerounais tout entier». M. Fouda, lui, anime assez régulièrement sa page facebook pour «conscientiser» ses 3395 amis dont Suzanne Kala-Lobé. On constate tout de même l’absence, sur les réseaux sociaux, de Bernard Muna, candidat de l'Alliance des forces progressistes (Afp). Il anime néanmoins le contenu de certains sites d’information en ligne. Le candidat du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), Anicet Ekanè, n’est pas en dehors du vase des communicants, bien que sa dernière publication sur ladite page remonte à février 2011. Chacun tisse donc sa petite toile d’araignée sur… la toile. Et octobre c’est demain…
Monique Ngo Mayag
