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Recrutement des 25.000 jeunes diplômés : Le comité de coordination dos au mur

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etudiant1 Après l’expiration du délai de publication des premières listes des candidats retenus, le Minfopra attend encore les dossiers venant des pays étrangers. Et promet par ailleurs aux élus de la nation de primer le mérite. Les candidats sont dans l’impasse .
La question de l’expiration des délais de publication des listes définitives des 25.000 jeunes fonctionnaires recrutés dans le cadre de l’opération du même nom annoncée par Paul Biya lors de son adresse à la jeunesse camerounaise le 10 Février dernier a été débattue vendredi 17 Juin à l’Assemblée nationale lors des questions orales aux membres du gouvernement.

L’honorable Ndi, député Rdpc à l’Assemblée Nationale, voulait savoir les raisons qui bloquent le processus alors que le délai fixé au 30 mai 2011 par le comité de coordination et de supervision du recrutement, est dépassé de 18 jours.

 

Balbutiements

En guise de réponse, le ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative M. Emmanuel Mbondé, coordonnateur technique de l’opération de recrutement, explique que le processus est presque bouclé et n’attend plus que la vague des dossiers en provenance de la Côte d’Ivoire et des Etats-Unis. Une explication qui ne résiste pas à la critique. Les moyens de communication modernisés peuvent facilement résoudre ce problème banal.

La question des quotas par région pour respecter l’équilibre régional a également été soulevée car, comme l’a dit le député, il n’est pas souhaitable que d’autres critères prévalent lors de l’opération qui pourrait provoquer, si elle est mal gérée, une crise socio politique dans notre pays. Seule réponse du Minfopra, « l’objectivité et le mérité vont prévaloir. »

Mais avant d’y mettre un terme, le comité entend organiser une campagne de sensibilisation à l’endroit des jeunes afin d’expliquer de manière détaillée l’ensemble des critères qui auront prévalu tout au long de l’opération. Seulement, d’aucuns estiment que cette campagne est tardive dans la mesure où c’est au début du processus qu’il fallait clarifier les uns et les autres sur les tenants et les aboutissants de l’affaire. Le Dr Mathias Éric Owona Nguini, avisait ainsi en mars dernier. Lui qui avait sérieusement critiqué la démarche en proposant plutôt aux gouvernements des mesures incitatives pour créer les Pme et Pmi, génératrices d’emploi car soutenait-il alors. « Dans aucun pays sérieux au monde, l’Etat ne recrute plus, il crée des facilités pour encourager l’investissement national et étranger qui vont à leur tour généré des emplois. » clame-il.

Aujourd’hui sa position n’a pas changé. « Il est regrettable que les délais prescrits par les organisateurs du recrutement ne soient pas respectés. Le non respect de ce délai est source de doute dans l’esprit des postulants. » Et le politologue de conclure que tout cela résulte de l’improvisation dont a fait l’objet les organisateurs du recrutement.

 

Avis partagés

A côté de la version officielle, des sources bien introduites justifient les lenteurs par la vérification de l’authenticité des diplômes présentés par les 25.000 jeunes diplômés. Cette vérification débutée il y a quelques temps, se poursuit encore au ministère de l’Education de Base, au ministère des Enseignements Secondaires, à l’Office du baccalauréat, au ministère de l’Enseignement Supérieur et dans les grandes écoles de formation supérieures privées du Cameroun.

L’exercice fastidieux, et qui nécessite d’être bien mené pourra encore prendre plusieurs semaines, apprend-on. C’est d’ailleurs ce qui explique les heures supplémentaires auxquelles sont contraintes d’accepter l’équipe déployée au Minfopra pour superviser le travail. En tout cas, si l’on s’en tient aux sources proches de ce département ministériel, il faudra également exclure au terme de la vérification, les candidats dont les diplômes seront avérés faux.

Mais du côté des candidats, certains ne désespèrent pas et attendent sereinement la sortie des listes. C’est le cas du jeune Emmanuel. Ce licencié fait confiance aux membres du comité. «Je pense qu’ils sont conscients qu’ils portent sur leurs dos, le fardeau de 25000 Camerounais. Ils ont intérêt à travailler dans l’impartialité et l’objectivité » avise-il. D’autres par contre, y voient un geste de tripatouillage pour ajouter sur la liste des postulants non méritants. Un enseignant, qui revendique le statut de protestant presbytérien, pense plutôt qu’il faut être optimiste. « Les jeunes sont devenus très défaitistes. Ils ne croient plus en eux-mêmes. Pourtant, il faut croire à son quotidien intellectuel et surtout, croire que Dieu, est Tout Puissant et qu’il n’abandonne jamais les laissés pour compte. » Prenant son propre exemple, il dit avoir bénéficié pendant cinq cas d’une bourse de l’excellence universitaire alors que ses parents étaient pauvres. « Pour ce recrutement, mon petit frère à postuler mais je suis convaincu que la main de Dieu va l’accompagner pour qu’il soit retenu. Nous le louons pour cela. Même si on fait des tripatouillages, je reste certains que sur les 25.000, 15.000 seront retenus sur des bases méritoires.» conclut l’enseignant.

L’on se souvient qu’à la date du 14 avril 2011, date de clôture de réception des dossiers, le compteur affichait 304.130 dossiers réceptionnés. L’opération a généré pas moins de 1.520.650.000 Fcfa au trésor public fruit de la vente des timbres. A l’heure actuelle, 279.130 candidats au moins seront hors course sauf si, au finish, d’autres candidats titulaires de faux diplômes sont exclus de la compétition pour permettre de gonfler l’effectif.

À ce stade, le comité de coordination est entrain d’étudier les stratégies d’apaisement chez les mécontents. Un comité inter ministériel piloté par le ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, Zacharie Pérévet s’est réuni il y a quelques jours à Yaoundé. Le but du comité qui regroupait en sons sein, les maîtres d’œuvre des grands projets miniers, et les barrages hydro électriques que le Cameroun va lancer. Et consigne a été donnée de privilégier la main d’œuvre nationale dans ces chantiers, estimée à 1500 postes à pourvoir. Une volonté affichée d’atténuer les effets des mécontentements provoqués par le recrutement des 25.000. L’essentiel c’est de voir cette mesure être véritablement implémentée.

 

Floriane Payo

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