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La balle qui réunit tous les camerounais/es est celle du football. Lorsqu'il y a un match, tous trouvent du temps pour le visionner de préférence en groupe. Lorsqu'il y a une activité de réflexion, genre conférence portant sur un sujet de développement national, alors on trouve mille subterfuges pour ne pas y participer.
On déploie un génie rare pour organiser un anniversaire ou un bal masqué avec des orgies dionysiaques pour clôture. Parce qu’en tout cas ça sert même à quoi?
Ah! ça va changer même quoi dans notre Cameroun là que nous connaissons tous? Ce type de rencontres où on « se gâte » déclenche une participation massive des camerounais/es, invité/e/s et auto invité/e/s, avec ou sans billet d’invitation. C’est la place de communion, des sortes d’hôtel des députés où le niveau intellectuel, le rang social et la provenance ethnique se dissolvent dans la pagaille des sens lâchés en vadrouille, là où le défoulement le dispute à la bestialité et la gourmandise. Pour paraphraser une chanteuse en vogue au Cameroun, « l’homme, le ventre et le bas-ventre, le tour est joué ! »
Une curiosité cependant : si un groupe de camerounais/es partageant la même culture, c'est à-dire la même langue nationale décide de s'entretenir sur un sujet de développement, alors là la salle sera pleine à craquer tout simplement parce que les ressortissant/e/s voient directement où la balle tombera. Hommes comme femmes associeront leurs dix doigts à leurs méninges pour la réussite de la conférence à caractère tribal. Ils y viendront même avec leur progéniture. En général, tous les camerounais/es qui ne s'identifieront pas culturellement à ce groupe leur jetteront comme un caillou sur le visage tout de suite la balle tribale. Certes, chacun vient d’une tribu et l’instinct grégaire est commun aux hommes et aux animaux : c’est pour cela que les lions font groupe avec les lions, et les singes avec les singes. Mais, comme disait le philosophe, « ce qui distingue l’abeille la plus habile et l’architecte le plus sot, c’est que ce dernier porte d’abord sa maison dans sa tête ».
D’où vient-il donc que quand la tête est sollicitée, les camerounais/es se refusent à penser et se cachent derrière des pseudo arguments comme ceux énoncés plus haut ?
Quand les lions indomptables de football jouent, quel que soit le degré de longitude ou de latitude, tous les Camerounais/es se lèvent comme un seul homme quand retentit l’hymne officiel. La ferveur et la communion populaire sont à leur comble. Depuis le premier jour à l'école du blanc, tous et toutes ont appris l'hymne officiel et beaucoup ont même défilé le 11 février et 20 mai, deux fêtes d'ailleurs pendant lesquelles les chants d'écoliers et lycéen/ne/s ont un contenu vide de sens.
Une fois qu’ils se sont hissés au rang d’élites, beaucoup ont oublié ces deux jours de fête pour lesquelles les parents devaient augmenter leur argent de poche afin de pouvoir s'acheter beignets -haricots, pain-banane, poissons braisés avec bâton de manioc après le défilé. Ah notre manioc national, met commun à tous les camerounais/es qu'on transporte avec soi à l'Étranger sous forme pilée/grillée qu'on appelle tapioca pour les uns ou gari pour les autres; ou sous forme de drogue blanche pardon farine pour faire le Koum-koum; ou sous forme trempée pour en faire le water-fou-fou. Ah!, en tout cas, ce manioc national transformé en différentes techniques ancestrales à caractère tribal est tant aimé par tous les camerounais/es.
Bien que beaucoup aient chanté cet hymne sans en saisir le sens profond, il n’en demeure pas moins que malgré leurs brillantes études couronnées de toutes sortes de doctorats et diplômes, la route qui mène à un Cameroun pour tous et toutes est encore longue. On pourrait encore arguer que l’acuité intellectuelle n’est pas la chose du monde la mieux partagée et donc que la portée de cette chanson ne peut être mesurée par tout un chacun. Pourtant, certain/e/s camerounais/es ont eu la chance de visiter quelques villes du Cameroun lorsqu'ils étaient à l'école ou au lycée grâce à l'idée involontaire du tourisme inter-familial organisé par leurs parents. D'autres ont parcouru les villes ou villages parce qu'un de leurs parents fonctionnaires y a été affecté, d'où le tourisme involontaire organisé par l'État du triangle national. Voici donc un thème autour duquel les associations de ressortissant de chaque tribu du Cameroun peuvent discuter :
Comment traduire et adapter les paroles de ce chant national, fédérateur à nul autre pareil, dans chacune de nos langues maternelles ?
Le pater noster et l’ave maria ont aussi des traductions en langues nationales camerounaises. Beaucoup de chrétien/ne/s parmi nous dans les églises à l’étranger disent particulièrement ces deux prières dans la langue 1ère par laquelle nous les avons apprises. Je pense que Dieu ne s’en offusque pas. « Joyeux anniversaire » se chante dans toutes les langues occidentales, la mélodie reste la même, de même que le souhait. Je ne pense pas qu’il y aurait cacophonie si chacun chantait la même chanson dans sa langue maternelle. Au contraire, la mélodie rendrait le tout harmonique.
En attendant que chaque école ou lycée puisse chanter l'hymne chaque lundi à la levée des couleurs en plusieurs langues nationales reparties sur toute l'année scolaire et que les chants d'élèves, lycéen/ne/s avec un contenu éducatif soient chantés en plusieurs langues nationales (reparties également sur le cursus scolaire) lors de la fête de la jeunesse et de l'unité nationale, il serait mieux d'encourager cette génération sacrifiée à se regrouper ne serait que dans leur entité ethnique et plus tard les fédérer.
